Église Saint-François-Majeur
Image illustrative de l’article Église Saint-François-Majeur
Détail d'une gravure montrant l'église Saint-François-Majeur.
Présentation
Nom local Chiesa di San Francesco Grande
Culte Catholique romain de rite ambrosien
Rattachement Archidiocèse de Milan
Début de la construction IIIe siècle
Style dominant Baroque (reconstruction du XVIIe siècle)
Date de démolition 1806
Géographie
Pays Italie
Région Lombardie
Ville Milan
Coordonnées 45° 27′ 49″ nord, 9° 10′ 39″ est

Géolocalisation sur la carte : Milan

(Voir situation sur carte : Milan)
Église Saint-François-Majeur

L'église Saint-François-Majeur (en italien : Chiesa di San Francesco Grande) est une église de Milan construite au IIIe siècle et démolie en 1806. Elle s'appelle initialement basilique de San Nabore du nom du saint dont elle abrite le dépouille, puis, à partir du XIIIe siècle, le monastère franciscain attenant prenant possession du monument, elle tire son nouveau nom de François d'Assise, fondateur de l'ordre.

Entre son érection et une première destruction à la fin du XVIIe siècle, l'église, de style roman est construite sur un plan rectangulaire flanqué d'une trentaine de chapelles. Elle est alors constituée de l'adjonction de la partie des Franciscains à la basilique de San Narbone et son agrandissement se fait par la création de nombreuses chapelles dues à de riches donateurs qui obtiennent en échange le droit de s'y faire inhumer au sein de sépulcres créés par des artistes de renom. Après une première destruction et une réédification en 1697, son style est baroque et son plan demeure très proche quoique perdant de l'emprise au sol.

L'église Saint-François-Majeur est connue pour avoir abrité de nombreuses œuvres d'art d'artistes de renom comme Bernardino Zenale ou Bramante. La plus célèbre œuvre est La Vierge aux rochers de Léonard de Vinci qui constitue le panneau central d'un retable au sein d'une chapelle dédiée à l'Immaculée Conception.

Bâtiment désaffecté par décision de la République cisalpine en 1798, elle est définitivement détruite pour sa vétusté en 1806. Durant toute son existence, il s'agit de la deuxième église de la ville en taille après la cathédrale de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge, le Dôme de Milan.

Localisation

L'église Saint-François-Majeur se trouvait dans les murs de la ville de Milan sur la place désormais nommée place Saint Ambroise d'après le nom de la basilique qui la borde.

Les actuelles rues Nirone et Santa Valeria la longeaient[1]. À sa place, se dresse désormais la caserne de police Garibaldi[2],[3].

Histoire de l'église

L'histoire de l'église Saint-François-Majeur peut être décrite selon trois grandes phases entre sa création dans les premiers siècles de l'ère chrétienne et sa destruction en 1806[4].

Les premiers siècles du Christianisme

Au tout début du IVe siècle, l'église est fondée sur l'emplacement du premier cimetière chrétien de Milan et abritant les restes de martyrs chrétiens antiques et en particulier ceux des saint Gervais et saint Protais. Ceux-ci y demeurent inhumés avant d'être transférés en juin 386 par saint Ambroise dans la basilique qu'il fonde[5],[6]. Durant tout ce temps, l'église porte le nom de « cimetière des saints » (en italien : Cimiterio de 'Santi) ou « polyandrion Caius et Filippo » (en latin : Polyandrion Caij et Philippi) des noms de saint Caius (it), troisème évêque de Milan, et de Filippo de 'Oldani, un consul romain de l'époque de Néron, secrètement converti au christianisme[7]. Au troisième siècle, les restes de saint Nabor et saint Félix y sont inhumés. De fait, elle se nomme « basilique de Saint Nabor »[5],[8].

Dessin en noir et blanc d'une vue de plusieurs bâtiments légendés
Gravure du quartier de la ville de Milan abritant l'église San Francesco Grande par Giovanni Battista Bonacina (1640).

De l'arrivée des frères franciscains à la première destruction

Au XIIIe siècle, les franciscains — dont l'ordre est tout nouvellement créé — s'installent Milan. C'est ainsi qu'en 1222, ils obtiennent un terrain situé derrière l'basilique San Nabor et sur lequel ils bâtissent un couvent puis, en 1233, une chapelle qu'ils adossent à l'abside[9]. En 1256, par bulle papale d'Alexandre IV, ils reçoivent l'autorisation d'y construire une église dédiée au fondateur de l'ordre, saint François d'Assise[10]. Le 14 mars 1263, le pape leur permet de prendre possession de l'église San Nabore. Ils restructurent alors les deux bâtiments pour n'en former qu'un seul et le nomment « église Saint-François »[4],[11]. La première occurence de ce nom remonte à 1387 dans un calendrier de l'ordre : la fusion entre la basilique et la chapelle est ainsi bel et bien achevée[4]. Rapidement, les promoteurs de la construction bénéficient de riches dons de fidèles qui, en échange, obtiennent d'en faire le lieu de leur sépulture[10].

Une inscription portée sur ses murs témoigne de cet enchaînement d'événements de son histoire : « La basilique remonte à l'an 900 de l'ère chrétienne et la découverte des saints martyrs et des corps emportés ici par Saint Savina des martyrs Nabor et Félix, connue sous le nom de basilique de Nabor, qui fut ensuite vendue et conduite par les frères conventuels de Saint Francois, au XIIe siècle, qui la reconstruisirent »[12].

En 1272, un campanile est érigé mais, en 1551 et comme tous les plus hauts clochers de la ville, il est abaissé du tiers de sa hauteur par le gouverneur de la ville dans le but d'empêcher d'offrir un point d'observation sur les remparts nouvellement créés. Cette réduction correspond à « 40 brasses » soit 24 mètres, ce qui laisse penser qu'il mesurait originellement plus de 70 mètres de haut[13]. Enfin l'église subit un agrandissement et des modifications entre 1570 et 1571[14].

La chapelle et la confrérie de l'Immaculée Conception

Les panneaux des Anges musiciens encadrant La Vierge aux rochers
sur le retable dans la chapelle (proportions non respectées).

En 1475, le père maître Stefano da Oleggio, propose la création au sein de l'église d'une chapelle[1] consacrée à la Vierge Marie et en particulier à l'Immaculée Conception[15],[16]. Celle-ci est prise sur une parcelle de terrain, prise sur un espace appelé « le jardin de Filippo » (en italien : orto di Filippo), située tout près de l'atrium, contre la chapelle Saint-Jean-L'Évangéliste en allant vers la rue Santa Valeria et vers la rue San Ambrogio. Il semble qu'elle soit la dernière à être bâtie au sein de l'église. Pour en avoir une description, les chercheurs proposent de s'appuyer sur de telles constructions contemporaines et notamment la chapelle Brivio dans la Basilique Sant'Eustorgio construite en 1484 : elle adopte une forme circulaire, en forme de kiosque[1]. À cette occasion, une confrérie laïque est fondée, la confrérie de l’Immaculée Conception. Il s'agit d'une assemblée composée de membres de l'aristocratie locale : les familles Terzago, Pietrasanta, Orrigoni, Mantegazza, Scanzi, Legnani y sont représentées[1] mais aussi les Cotio, les Casati ou les Pozzobonelli[17]. La confrérie est richement dotée[18] et, contrastant d'autant plus avec cela, elle se comporte avec pingrerie, en témoignent les mesures dilatoires et promesses vagues et non-tenues pour la rétribution des artistes participant à la création du retable[19].

La chapelle Brivio dans la Basilique Sant'Eustorgio (1484) : un élément de comparaison pour savoir à quoi pouvait ressembler la chapelle de l'Immaculée Conception.

L'objet de cette confrérie est nouveau : promouvoir et défendre le dogme de l'Immaculée Conception, encore très discuté puisqu'il n'est admis que depuis 1470 par la papauté qui ne le proclamera officiellement qu'en 1854 ; la nouveauté et la précarité de ce dogme expliquent ainsi pour partie la prudence de ses membres lors de la réception de La Vierge aux rochers[20]. Une convention est signée le devant Maître Antonio di Capitani — notaire de la paroisse voisine de Santa Maria alla Porta dont la confrérie use souvent des services depuis sa création — définissant les liens entre la confrérie nouvellement créée et le monastère responsable de l'église. À cette occasion, plusieurs prescriptions sont émises par les responsables de l'église, dont une à caractère absolu, qui interdit de créer une quelconque ouverture sur l'extérieur du bâtiment[1].

En mai 1479, le travail de maçonnerie est achevé et un an plus tard, c'est au travail de décoration d'être fini[1] et en particulier, le plafond, décoré par deux artistes du nom de Francesco Zavatari et Giorgio della Chiesa[21] : la description contractuelle de cette décoration indique une représentation de Dieu entouré d'une gloire de Séraphins et quatre autres panneaux comportant des animaux[1]. En 1482, le nouveau prieur de la confraternité est Giannantonio da Sant'Angelo[1]. À cette date, le sculpteur sur bois Giacomo del Maino (avant 1469 - 1503 ou 1505) livre un retable de grandes dimensions qu'il reste à décorer, le Retable de la chapelle de l'Immaculée Conception[19]. Commande est faite auprès de peintres d'effectuer ce travail, les frères Evangelis et Giovanni Ambrogio de Predis et Léonard de Vinci. Ce dernier crée ainsi le tableau de La Vierge aux rochers que la chapelle abritera jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, Ambrogio peint des Anges musiciens sur les panneaux latéraux et Evangelis procède au travail de dorure et d'ornementation de ses parties sculptées[1],[19].

Finalement, la chapelle est détruite en 1576 et le retable est déplacé dans l’église[22]. Vers 1635, un témoignage indique que le retable est entouré d'autres « petites peintures » qui sont elles-aussi de la main de Léonard de Vinci[23].

La confrérie, quant à elle, continue ses activité et n'est dissoute que trois siècles plus tard, en 1781[24] : ses biens sont alors pris en charge par la confrérie de Sainte-Catherine de la Roue et vendus entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle en commençant par La Vierge aux rochers, en 1785[25].

Dernière période : de la reconstruction de 1697 à la seconde destruction

La caserne Garibaldi qui a remplacé l'église.

À la fin du XVIIe siècle, l'église se retrouve dans un état de décadence relative par manque d'entretien[26]. Or le 6 septembre 1688, la façade du bâtiment s'effondre. Il est décidé, non d'une restauration, mais d'une reconstruction du bâtiment. Toutes les autorisations parviennent aux responsables du monastère le 3 octobre 1689 : la nouvelle église sera légèrement élargie — empiétant sur une portion de la rue Santa Valeria, longeant l'église — et perdra de sa longueur[27]. L'église est pour partie détruit avant d'être reconstruite dès 1689 et jusqu'en 1697 selon une emprise au sol au final plus réduite que précédemment[10]. Cela n'empêche pas l'église de demeurer le deuxième plus grand édifice religieux de Milan après le Dôme de la ville[26]. L'architecte responsable des nouveaux plans, Antonio Nuvolone, y déploie un style très différent de l'ancien[28].

À la création de la République cisalpine par Napoléon Bonaparte, l'église subit des dégradations et des pillages, en particulier des reliques des saints conservés dans les lieux depuis l'époque médiévale[3]. Puis, en 1798, le monastère franciscain est supprimé dans le cadre des lois de suppression des congrégations religieuses[10]. Dès lors, l'église et le monastère sont successivement utilisés comme hôpital, entrepôt et orphelinat[29].

Quelques années plus tard, en 1806, l'église Saint-François-Majeur, jugée vétuste et dangereuse, est détruite[3]. Les matériaux résultant de la démolition sont notamment réutilisés pour bâtir l'Arco della Pace[30]. Les travaux se poursuivent jusqu'en 1811[31]. Finalement, la caserne Garibaldi est érigée à son emplacement[2].

Description du bâtiment

Aspect de l'église avant 1688

L'église est constituée de trois parties : l'ancienne basilique de San Narbone, la chapelle des Franciscains (la délimitation entre les deux constructions est visible de l'extérieur par deux hauteurs de toits) et le campanile — le tout flanqué du cloître des franciscains. L'aspect extérieur du bâtiment avant sa destruction-reconstruction en 1688 est décrit par un témoignage dans un courrier datant de 1686 : « La vieille façade en briques rouges, cinq fenêtres, des tours, des croix, avec trois portes, la moyenne ronde, et beaucoup d'éléments présentant sepulcri et statuae. »[32]. Une rosace est visible sur la partie centrale supérieure de la façade du bâtiment.

Quant à l'intérieur, le même témoin le décrit ainsi : « L'intérieur se compose alors de trois voûtes ornées de part et d'autre de douze arches et de nombreuses autres colonnes en pierre comportant des chapiteaux corinthiens mais grossiers, jusqu'au nombre de dix-huit avec huit fenêtres de chaque côté »[33]. Par ailleurs, le contrat de commande passé entre Léonard de Vinci et la Confrérie de l'Immaculée Conception en 1483 pour La Vierge aux rochers permet de savoir que la chapelle de l'Immaculée Conception se trouvait au début de l'église, au plus proche de l'atrium, sur la droite et qu'elle ne comportait aucune ouverture sur l'extérieur — interdiction lui ayant été faite d'en créer une par les responsables de l'église[1].

Aspect après 1697

L'édifice bénéficie des plans de Antonio Nuvolone[28] qui lui attribue un style baroque[26]. De l'extérieur, la façade est remodelée et le dôme au-dessus de l'abside prend une forme tout à fait différente[34]. Une nouvelle porte est ouverte vers la rue Santa Valeria[35].

L'intérieur est décrit par un témoignage de 1696 qui expose un « vaste, grand, beau et éblouissant chœur, orné de stucs et très clair grâce à la largeur des fenêtres »[36]. De même, les chapelles qui sont conservées sont agrandies[37]. Plusieurs témoignages décrivent en outre la richesse des matériaux utilisés : stucs, marbre de Carrare, marbre noir[38].

Néanmoins, tout n'a pas été modifié puisqu'une partie de l'abside est demeurée telle quelle si ce n'est sa partie supérieure et notamment ses ouvertures[34].

Plan de l'église et son implantation dans le pâté de bâtiments au début du XIXe siècle.

Dimension culturelle de l'église

Plan de l'église Saint-François-Majeur au XVe siècle avec, en bleu, le nom de ses chapelles et, en rouge, les œuvres d'art qu'elle abrite[39].

Chapelles princières et gentilices

Rapidement après le début de la construction de l'église au XIIe siècle, les franciscains bénéficient de riches dons de fidèles appartenant à l'aristocratie. En échange, ils obtiennent d'en faire le lieu de leur sépulture ainsi qu'à leur famille[10]. Ce mécénat d'une certaine élite politique se traduit ainsi par la création de chapelles dédiées. En effet, note l'historien spécialiste du Moyen Âge et de la renaissance Patrick Boucheron, « la multiplication à Milan des chapelles gentilices peut être considérée comme la traduction architecturale d'une exigence politique de « visibilité sociale » du mécénat de l'oligarchie au service du prince »[40]. Ainsi, Béatrice d'Este fait construire la Chapelle de la Trinité en 1330 puis s'y fait inhumer en 1334[41]. Son sépulcre porte alors le symbole de son premier époux Ugolino Visconti, le coq, à la vipère de son second Galéas Ier Visconti[42]. En 1399, Luchino Visconti dit « Novello » (1346-1399), fils du noble condottiere Luchino Visconti (vers 1287-1349), fonde la chapelle des Innocents[41]. Familier de Francesco Sforza, le riche chevalier Arrigolo Arconati fait édifier la chapelle des saints Pierre et Paul[41]. À la fin du XVe siècle, Francesco Maggi inaugure un monument sépulcral pour sa famille dans la chapelle saint Libor[41]. En 1426, c'est au tour de la famille Borromeo de fonder la Chapelle saint Jean l'Évangeliste[41]. L'histoire de certaines chapelles représentent les jeux d'influences ou de confiscations qui environnent l'église. Ainsi la chapelle Saint Jean-Baptiste est d'abord fondée par la famille della Torre. Mais lorsque la famille Visconti élimine cette dernière à la fin du XIIIe siècle, celle-ci s'accapare les lieux. Béatrice d'Este, en particulier, prend ainsi en charge sa décoration en 1333, avant que le condottiere Francesco Bussone da Carmagnola — un roturier intégré à la famille Visconti par alliance — s'y fasse inhumer en 1432[41]. Le monument est détruit avec l'église au début du XIXe siècle[43]. Enfin, à la destruction de la Chapelle de l'Immaculée Conception en 1576, le retable du même nom y est déplacé et la chapelle prend le nom de l'Immaculée Conception[25].

Objets historiques et œuvres d'art qui s'y rapportent

Parmi les témoignages historiques qu'elle abrite, nombre de reliques s'y trouvent, tels le squelette de sainte Desiderius, le crâne de l'apôtre saint Matthieu, les crânes de sainte Odélie et de sainte Ursule, une dent de saint Lorenzo, les ossements de sainte Marie-Madeleine, les ossements du saint romain Caïus ou les ossements du pape saint Sixte[13].

Par ailleurs, le monument bénéficie des apports prestigieux de grands artistes au cours des siècles. Un des premiers est Giovanni di Balduccio qui crée le sépulcre de Béatrice d'Este aujourd'hui détruit[44]. Andrea et Filippo da Carona sculptent vers 1440 la partie inférieure du Monument funéraire de Vitaliano et Giovanni Borromeo, dont la partie supérieure est créée par Giovanni Antonio Piatti et ses collaborateurs (Adamo da Barengo, Martino et Protasio Benzoni , Antonio et Benedetto da Briosco, Francesco Cazzaniga, Giacomo da Fagnano et autres) après 1478. La structure est originellement située entre les piliers devant la Chapelle Saint Jean l'Evangéliste et est transférée dans le palais Borromée de l'Isola Bella où elle demeure aujourd'hui[45]. Entre 1479 et 1500, Bramante peint à fresque la Mort de saint Pierre et de saint Paul[46]. Plus tard, après 1503, est installé le retable de l'Immaculée Conception constitué notamment de La Vierge aux rochers de Léonard de Vinci (achevé seulement en 1508) et encadré par les Anges musiciens de Giovanni Ambrogio de Predis et Francesco Napoletano. L'ensemble est exposé dans la chapelle de l'Immaculée Conception (première chapelle à droite) puis déplacé en 1576 dans la chapelle Saint Jean-Baptiste (à droite du choeur) qui prend dès lors le nom de chapelle de l'Immaculée Conception. Les œuvres quittent séparément l'église en 1781 pour La Vierge aux rochers et en 1798 pour les Anges musiciens[25]. De même, en 1510, Bernardino Zenale peint la Vierge à l'Enfant entre saint Ambroise et saint Jérôme qui est actuellement conservée au musée d'Art de Denver[47]. En 1522, Agostino Busti dit « Bambaia » crée le Monument Birago dans la Chapelle de la Passion de Notre Seigneur. Il est transféré en 1606 dans le palais Borromée de l'Isola Bella lors de la destruction de la chapelle pour la création d'un accès au cloître attenant.

La destruction de l'église en 1807 se fait au mépris des œuvres qui y sont exposées : des explosifs sont même utilisés, et ce, sans réelle précaution, à tel point que les bâtiments voisins sont endommagés. Or nombre de statues, de décorations, de pierres tombales ou de fresques demeurent dans le monument alors que ces opérations sont entamées[48]. Les autorités ecclésiales s'en émeuvent et obtiennent du ministre tutélaire l'autorisation de récupérer les œuvres subsistantes, ce que ce dernier accepte à la condition toutefois « que cela ne coûte rien à l'administration »[N 1]. C'est dans ces conditions difficiles que le sarcophage des saints Nabor et Félix est extrait d'une chapelle. Il est aujourd'hui conservé dans la Basilique Saint-Ambroise[49].

Notes et références

Notes

  1. C'est ainsi qu'a été retrouvé le courrier daté du 10 juillet 1807 adressé par le prévôt de l'église, Gabrio Maria Nava : « Profitant de la gracieuse condescendance de Votre Excellence, je me permets de vous soumettre une liste d'objets des Inscriptions et Monuments intéressants pour les beaux-arts et la sainte patrie qui, dans la destruction actuelle de la basilique naborrienne de Saint-François, méritent d’être éloignés de la ruine et préservés. Si Votre Excellence voulait daigner demander à ce que les objets et écrits, ainsi que d’autres qui pourraient être découverts, soient retirés au profit de la basilique ambrosienne où d’autres objets antiques ont déjà été placés à l’occasion de la profanation des autels de l’Église de Saint-François. Je vous serai gré de les placer décemment dans la région de la basilique susmentionnée à la lumière de la science, de l’histoire et des arts. Avec tout mes sentiments de grande vénération et de profond respect. Gabrio Maria Nava » « Approfittando della graziosa condiscendenza di V. E. mi prendo la libertà di umiliarle un elenco delle Iscrizioni e Monumenti interessanti le belle arti e la st. patria che nell'attuale atterramento della Basilica Naborriana di San Francesco meritano di essere sottratte alla rovina e conservate. Se V. E. vorrà degnarsi di ordin re che le annotate iscrizioni e monumenti, unitamente ad altre che si potessero scoprire vengano ritirate a favore della Basilica Ambrosiana dove sono già stati in occasione delia profanazione degli Altari della Chiesa di San Francesco, collocati altri monumenti antichi io mi darò tutta la sollecitudine di farli decentemente collocare nell'Area dell'anzidetta basilica a lustro della scienza, della storia e delle Arti. Ho Ponore di protestarmi con sentimento d'alta venerazione e pro fondo rispetto. Gabrio Maria Nava » (Aristide Calderini 1940, p. 219).

Références

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  4. a b et c Paolo Rotta 1891, p. 114.
  5. a et b Paolo Rotta 1891, p. 113-114.
  6. Aristide Calderini 1940, p. 200-202.
  7. Aristide Calderini 1940, p. 198-199.
  8. Aristide Calderini 1940, p. 198.
  9. Aristide Calderini 1940, p. 201.
  10. a b c d et e Saverio Almini 2006, p. 150.
  11. Zöllner 2017, chap. III. Nouveau départ à Milan - 1483-1484, p. 92.
  12. « La basilica risale all' anno 900 dell'éra cristiana e perla scoperta dei Santi Martiri e per i corpi qui asportati da Sante Savina dei martiri Naborre e Felice detta basilica Naborriana, la quale venne poi ceduta ed uffiziata dai frati Conventuali di San Francesco, nel XII secolo, che la rifabbricarono. » (Paolo Rotta 1891, p. 113)
  13. a et b Aristide Calderini 1940, p. 204.
  14. Aristide Calderini 1940, p. 200.
  15. Frank Zöllner 2017, p. 92.
  16. Nicholl et Piot 2006, p. 238.
  17. Serge Bramly 2019, p. 272.
  18. a b et c Zöllner 2017, Catalogue critique des peintures, XI, p. 356.
  19. Bramly 2019, p. 268.
  20. Bramly 2019, p. 267.
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  22. Marani, Villata et Guglielmetti 1999, p. 129.
  23. Nicholl et Piot 2006, p. 501.
  24. a b et c Marani, Villata et Guglielmetti 1999, p. 133.
  25. a b et c Paolo Rotta 1891, p. 114-115.
  26. Aristide Calderini 1940, p. 209-210.
  27. a et b Aristide Calderini 1940, p. 209 et 225.
  28. Aristide Calderini 1940, p. 228.
  29. Aristide Calderini 1940, p. 221.
  30. Aristide Calderini 1940, p. 224.
  31. « La facciata antica, in pietra cotta rossa e 5 finestre e torri e crocette con tre porte e la media rotonda e di molta fattura avente al di fuori sepulcri et statuae. »(Paolo Rotta 1891, p. 114).
  32. « L'interno poi a tre navi ornata in amendue i lati di dodici archi e di tante altre colonne in pietra con capitelli corinzii ma rozzi fino al numero di 18 con otto finestre per parte. »(Paolo Rotta 1891, p. 114).
  33. a et b Aristide Calderini 1940, p. 210.
  34. Aristide Calderini 1940, p. 225.
  35. « il Choro vuoto, grande, bello e vistoso, adornato con stucchi et molto chiaro per la largezza delle finestre. » (Aristide Calderini 1940, p. 210).
  36. Aristide Calderini 1940, p. 211.
  37. Aristide Calderini 1940, p. 215.
  38. Synthèse des recherches conduites par Patrick Boucheron 1998, p. 148-149 et (it) blog.urbanfile.org, « Milano - Porta Vercellina – San Francesco Grande, uno scrigno di capolavori sparito per sempre », (consulté le 3 juillet 2019).
  39. Patrick Boucheron 1998, p. 146.
  40. a b c d e et f Patrick Boucheron 1998, p. 148.
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Annexes

Bibliographie

Ouvrages

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Église_Saint-François-Majeur