Élections législatives grecques de 2019
300 sièges du Parlement
(Majorité absolue : 151 sièges)
Corps électoral et résultats
Population 10 741 165
Inscrits 9 958 849
Votants 5 769 503
57,92 %  +1,4
Votes blancs et nuls 120 171
Kyriakos Mitsotakis - EPP Malta Congress 2017.jpg Nouvelle Démocratie – Kyriákos Mitsotákis
Voix 2 251 411
39,85 %
 +11,8
Sièges obtenus 158  +83
Alexis Tsipras 2013 (cropped).jpg SYRIZA – Aléxis Tsípras
Voix 1 781 174
31,53 %
 −3,9
Sièges obtenus 86  −59
Fofi Gennimata 2015-07-14.jpg Mouvement pour le changement – Fófi Gennimatá
Voix 457 519
8,10 %
 +1,8
Sièges obtenus 22  +5
Dimitris Koutsoumpas 2014 (cropped).jpg Parti communiste – Dimítris Koutsoúmbas
Voix 299 592
5,30 %
 −0,3
Sièges obtenus 15  0
Premier ministre
Sortant Élu
Aléxis Tsípras
SYRIZA
Kyriákos Mitsotákis
ND

Les élections législatives grecques de 2019 ont lieu de manière anticipée le 7 juillet 2019 afin de renouveler pour quatre ans les 300 députés du Parlement grec.

Initialement prévues pour le 20 octobre 2019 au plus tard, les élections sont convoquées plusieurs mois en avance par le Premier ministre Aléxis Tsípras à la suite de la défaite de son parti aux élections européennes du 26 mai.

Le scrutin voit la victoire du parti de droite Nouvelle Démocratie, qui obtient la majorité absolue des sièges et dont le dirigeant Kyriákos Mitsotákis devient Premier ministre.

Contexte

La tenue d'élections législatives anticipées est annoncée par le Premier ministre Aléxis Tsípras au soir des élections européennes du 26 mai 2019, au cours desquelles son parti SYRIZA arrive en deuxième position derrière la Nouvelle Démocratie (ND). Tsípras précise alors qu'il demandera au président de la République Prokópis Pavlópoulos de prononcer la dissolution du Parlement après le second tour des élections locales, prévu le 2 juin[1]. Le scrutin européen avait pris la forme d'un test du soutien populaire du gouvernement[2]. À la demande officielle du chef du gouvernement, le chef de l'État dissout effectivement le Parlement le 10 juin suivant et appelle à de nouvelles élections pour le 7 juillet[3].

Entretemps, le second tour des élections locales le 2 juin voit la victoire écrasante du parti de droite Nouvelle démocratie, qui remporte la mairie de la capitale Athènes ainsi que la quasi totalité des régions, au cours d'un scrutin faisant lui aussi figure de test avant les législatives[4].

Système électoral

La République hellénique est dotée d'un Parlement monocaméral, également appelé « Voulí », composé de 300 sièges pourvus tous les quatre ans selon un mode de scrutin principalement proportionnel auquel s'adjoint une prime majoritaire. 250 députés sont ainsi élus au scrutin proportionnel plurinominal avec listes ouvertes et seuil électoral de 3 % dans 59 circonscriptions électorales. L'une d'entre elles, représentant douze sièges, couvre l'ensemble du pays, tandis que les autres le découpent à raison de 1 à 18 sièges par circonscription, en fonction de leurs population. Parmi celle ci, sept ne comportent ainsi qu'un seul siège. Le mode de scrutin dans ces dernières y est par conséquent de facto uninominal majoritaire à un tour. Enfin, la liste arrivée en tête au niveau national se voit attribuer une prime correspondant aux 50 sièges restants[5].

L'hémicycle du Parlement.

Les listes étant dites ouvertes, les électeurs ont la possibilité d'effectuer un vote préférentiel pour un maximum de quatre candidats issus de la liste pour laquelle ils votent, afin de les faire monter en place dans celle-ci[6]. Une fois les bulletins dépouillés, les 243 sièges à la proportionnelle sont répartis selon la méthode de Hagenbach-Bischoff entre toutes les listes ayant franchi le seuil de 3 % des votes valides, et les candidats ayant recueilli le plus de voix en leur nom dans chacune des listes se voient attribuer un siège en priorité[5].

L'âge minimal pour se présenter à la députation est de 25 ans. Le vote est obligatoire pour tous les électeurs de moins de 70 ans, avec une peine de prison théorique allant de un mois à un an, mais aucune condamnation n'a jamais eu lieu[5]. Pour la première fois, l'âge d'obtention du droit de vote est abaissé de dix-huit à dix-sept ans[7].

Isoloirs et bulletins de vote utilisés.

Le scrutin voit également le nombre de circonscriptions passer de 56 à 59 à la suite du morcellement de la circonscription d’Athènes B, qui comportait auparavant 44 sièges à elle seule[8].

La prime majoritaire, qui représente 16,7 % du total des sièges, permet en théorie à un parti d'obtenir la majorité absolue dès lors qu'il recueille au moins 40,4 % des voix. Ce chiffre diminue cependant lorsque des partis échouent à franchir le seuil électoral de 3 %. Ainsi, lors des élections de mai 2012, sept partis sur trente-deux ont franchi le seuil, ce qui a eu pour conséquence d'abaisser la part minimale des voix à 32,8 %.

La réforme de la loi électorale de juillet 2016 abaissant entre autre le droit de vote de 18 à 17 ans comporte également la suppression de la prime majoritaire. L'intégralité des 300 sièges seront par conséquent élus à la proportionnelle intégrale. La loi ayant échouée à recueillir la majorité qualifiée nécessaire, elle ne s'applique cependant pas immédiatement, mais pour les élections suivantes. Celles de 2019 sont par conséquent les dernières à avoir lieu sous le système incluant une prime majoritaire[9].

Forces en présence

Principales forces en présences
Parti Idéologie Chef de file Résultats
précédents
Coalition de la gauche radicale (SYRIZA) Gauche
Socialisme démocratique, populisme de gauche, euroscepticisme, patriotisme économique
Aléxis Tsípras 35,46 % des voix
145 sièges
Nouvelle Démocratie (ND) Centre droit
Libéral-conservatisme, démocratie chrétienne, europhilie
Kyriákos Mitsotákis 28,09 % des voix
75 sièges
Aube dorée (XA) Extrême droite
Ultranationalisme, néofascisme, euroscepticisme
Nikólaos Michaloliákos 6,99 % des voix
18 sièges
Mouvement pour le changement (KINAL) Centre gauche
Social-démocratie, Social-libéralisme, europhilie
Fófi Gennimatá 6,28 % des voix
17 sièges
(Coalition démocratique)
Parti communiste de Grèce (KKE) Extrême gauche
Communisme, marxisme-léninisme, euroscepticisme
Dimítris Koutsoúmbas 5,55 % des voix
15 sièges
Grecs indépendants (Anel) Droite
National-conservatisme, conservatisme social, euroscepticisme
Pános Kamménos 3,69 % des voix
10 sièges
Union des centristes (EK) Centre
Centrisme, vénizélisme
Vassilis Leventis 3,43 % des voix
9 sièges
Solution grecque (EL) Droite
National-conservatisme, nationalisme, conservatisme sociétal, euroscepticisme
Kyriákos Velópoulos Nouveau
Front de désobéissance réaliste européen (MeRA25) Gauche radicale
Altermondialisme, post-capitalisme
Yánis Varoufákis Nouveau

Retraits

Le parti des Grecs indépendants, alors en coalition gouvernementale avec Syriza, annonce finalement au cours de la campagne ne pas participer au scrutin[10].

À la suite des élections européennes, le parti La Rivière, de la voix de son leader, Stávros Theodorákis, annonce ne pas participer au scrutin, et, dans la foulée, annonce sa démission de la présidence du parti[11].

Sondages

Résultats préliminaires

Parti arrivé en tête par circonscription.
Résultats des élections législatives grecques de 2019[12]
Grèce Vouli 2019.svg
Parti Voix % +/- Sièges +/-
Nouvelle Démocratie (ND) 2 251 411 39,85 Increase2.svg 11,76 158 Increase2.svg 83
SYRIZA 1 781 174 31,53 Decrease2.svg 3,93 86 Decrease2.svg 59
Mouvement pour le changement (KINAL) 457 519 8,10 Increase2.svg 1,81 22 Increase2.svg 5
Parti communiste de Grèce (KKE) 299 592 5,30 Decrease2.svg 0,25 15 Steady.svg
Solution grecque (EL) 208 805 3,70 Nv. 10 Increase2.svg 10
Front de désobéissance réaliste européen (MeRA25) 194 232 3,44 Nv. 9 Increase2.svg 9
Aube dorée (XA) 165 709 2,93 Decrease2.svg 4,06 0 Decrease2.svg 18
Cap sur la liberté (PE) 82 672 1,46 Nv. 0 Steady.svg
Union des centristes (EK) 70 161 1,24 Decrease2.svg 2,20 0 Decrease2.svg 9
Recréer la Grèce 41 646 0,74 Increase2.svg 0,21 0 Steady.svg
Front populaire uni 28 269 0,50 Decrease2.svg 0,27 0 Steady.svg
Antarsya 23 191 0,41 Decrease2.svg 0,44 0 Steady.svg
Unité populaire (LAE) 15 930 0,28 Decrease2.svg 2,59 0 Steady.svg
Assemblée hellénique 14 173 0,25 Nv. 0 Steady.svg
Cinq autres partis (moins de 0,15 % chacun) 14 333 0,26 - 0 -
Indépendants 472 0,01 Decrease2.svg 0,01 0 Steady.svg
Suffrages exprimés 5 649 332 97,92
Votes blancs 42 668 0,74
Votes invalides 77 503 1,34
Total 5 769 503 100 - 300 Steady.svg
Abstentions 4 192 215 42,08
Inscrits / participation 9 961 718 57,92

Notes et références

  1. « Grèce: Tsipras, sanctionné aux européennes, annonce des législatives anticipées », sur LExpress.fr, (consulté le 6 juillet 2019).
  2. « Elections européennes 2019 : en Grèce, Tsipras appelle à des élections législatives anticipées », sur Le Monde, (consulté le 6 juillet 2019).
  3. « Grèce: le président accepte la dissolution du Parlement », sur Le Figaro, (consulté le 10 juillet 2019).
  4. « En Grèce, victoire écrasante de la droite aux élections locales », Le Monde, (consulté le 6 juillet 2019).
  5. a b et c « IPU PARLINE database: GRECE (Vouli Ton Ellinon), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le 10 juillet 2019)
  6. « Ministère de l'intérieur », sur ypes.gr (consulté le 6 juillet 2019).
  7. Εφημερίδα της Κυβερνήσεως τη Ελληνικής Δημοκρατίας Gazette du gouvernement héllenique
  8. Εφημερίδα της Κυβερνήσεως τη Ελληνικής Δημοκρατίας Gazette du gouvernement héllenique
  9. Σκουρλέτης: Μακάρι η απλή αναλογική να εφαρμοστεί στις επόμενες εκλογές
  10. (el) « Το ανακοίνωσε ο Καμμένος: Δεν κατεβαίνουν οι ΑΝΕΛ στις εθνικές εκλογές - «Αναγνωρίζω τη νίκη του Μητσοτάκη» », sur eviazoom.gr (consulté le 6 juillet 2019).
  11. (en) « Potami throws in the towel after EU election battering | Kathimerini », sur www.ekathimerini.com.
  12. (el) « Επικράτεια | Εθνικές εκλογές – Ιούλιος 2019 », sur ekloges.ypes.gr (consulté le 10 juillet 2019).
Original: Original:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Élections_législatives_grecques_de_2019