Amelia Earhart
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Amelia Earhart le .
Nom de naissance Amelia Mary Earhart
Alias
Meeley
Millie
Lady Lindy
Naissance
Atchison (Kansas, États-Unis)
Décès Date inconnue[1]
vraisemblablement dans l'archipel des Kiribati
Nationalité Drapeau : États-Unis Américaine
Pays de résidence États-Unis
Profession
Ascendants
Samuel « Edwin » Stanton Earhart (son père)
Amelia « Amy » Otis Earhart (sa mère)
Conjoint
Famille
Alfred Gideon Otis (son grand-père maternel)
Amelia Josephine Harres (sa grand-mère)
Mary Wells Patton (sa grand-mère)
Grace Muriel Earhart (sa sœur)

Amelia Earhart, née à Atchison dans le Kansas le et disparue dans la région de l'archipel des îles Phœnix (actuelles Kiribati) le , est une aviatrice américaine. Elle est célèbre notamment pour avoir été, en juin 1928, la première femme à traverser l'océan Atlantique en avion puis, en 1932, la première femme à le traverser en solitaire.

Biographie

Enfance

Amelia Earhart, enfant.

Amelia Mary Earhart, fille de Samuel « Edwin » Stanton Earhart (1868-1940) et d'Amelia « Amy » Otis Earhart (1869-1962), est née à Atchison, Kansas, dans la maison de son grand-père maternel, Alfred Gideon Otis (1827-1912). Celui-ci était un ancien juge fédéral américain, président de l’Atchison Savings Bank et citoyen important d'Atchison. Alfred Otis n'avait pas approuvé le mariage et n'était pas satisfait du progrès d'Edwin dans ses études d'avocat.

Amelia reçut les prénoms de ses deux grand-mères (Amelia Josephine Harres et Mary Wells Patton), conformément à la tradition familiale.

Depuis un âge précoce, Amelia, surnommée « Meeley » ou « Millie », fut une meneuse. Sa jeune sœur, née deux ans après elle, Grace Muriel Earhart (1899-1998), surnommée « Pidge », se comportait en suiveuse fidèle.

Les deux filles continuaient à répondre à leurs surnoms bien après être entrées dans l'âge adulte. Leur comportement était non conventionnel, puisque par exemple Amy Earhart ne voyait pas la nécessité d'élever ses enfants comme des « gentilles petites filles ».

En 1920, un baptême de l'air lui donna la passion pour le vol. Elle devint apprentie infirmière puis assistante sociale et se paya des leçons de pilotage, économisant assez d'argent pour s'acheter un biplan jaune vif, le Canary. Le , Earhart atteignit l'altitude de 4 300 m, record pour une aviatrice à cette époque[2].

Vol transatlantique de 1928

Plaque commémorative à Burry Port.

Après le premier vol New York-Paris de Charles Lindbergh en 1927, l'idée naquit dans l'esprit des éditeurs qui avaient publié le récit de sa traversée, en particulier George P. Putnam (en), qu'un retentissement semblable pourrait accompagner la première traversée de l'Atlantique effectuée en avion par une femme. Plusieurs avaient eu cette idée et l'aventure restait risquée : au cours des douze mois qui suivirent, cinq femmes tentèrent l'aventure, toutes échouèrent et sur les cinq, trois disparurent purement et simplement en mer[3].

C'est ainsi qu'Amelia fut contactée, en avril 1928, par Hilton Railey, collaborateur de Putnam, qui lui demanda « Aimeriez-vous être la première femme à traverser l'Atlantique en avion ? ». Son rôle devait, au cours du vol, se limiter à tenir le journal de bord du trimoteur Fokker F.VIIb/3 « Friendship » piloté par Wilmer Stultz, lui-même assisté par le copilote et mécanicien Louis Gordon. Parti de Trepassey Harbor, Terre-Neuve, le , le trio amerrit près de Burry Port, au Pays de Galles, après 20 h 40 min de vol. Amelia déclara sans fard à l'arrivée qu'elle n'avait été dans cette traversée qu'un « sac de pommes de terre[4] », ajoutant tout de même que peut-être elle essaierait de la refaire seule un jour.

Elle n'en reçut pas moins un accueil triomphal en Angleterre quand, après qu'on l'eut ravitaillé en carburant, le trimoteur y arriva le . Le trio eut droit à une ticker-tape parade lors de son retour à New York et fut reçu à la Maison-Blanche par le président Coolidge. Amelia était désormais une aviatrice célèbre.

Vol transatlantique en solitaire de 1932

Le Lockheed Vega 5B d'Amelia Earhart exposé au National Air and Space Museum.

Réalisant la promesse qu'elle s'était faite en 1928, Earhart décolla le matin du de Harbour Grace (province de Terre-Neuve-et-Labrador) à bord d'un Lockheed Vega et après un vol en solo de 14 h 56 min se posa dans un pré à Culmore, au nord de Derry, en Irlande du Nord. Elle devint de ce fait la première femme à traverser seule l'océan Atlantique en avion.

Premier vol en solitaire entre Hawaï et la Californie de 1935

Le 11 janvier 1935, elle réalise le tout premier vol en solitaire d'Hawaï à la Californie[5],[6],[7] sans souci[8], après plusieurs vaines tentatives d'autres aviateurs.

Tour du monde de 1937 et disparition

Son plan de vol.

Elle disparut le , après avoir été vue pour la dernière fois à Lae en Nouvelle-Guinée alors qu'elle tentait, avec son navigateur Fred Noonan, de faire le tour du monde par l'est, en passant par l'équateur, sur un bimoteur Lockheed Electra 10-E[9]. Une piste avait été aménagée sur la minuscule île Howland, au milieu du Pacifique, pour permettre une étape indispensable entre Lae et Hawaï, mais l'avion n'y arriva jamais. Les garde-côtes des États-Unis y avaient envoyé un navire muni d'une radio, l’Itasca (en). À 19 h 12 GMT, h 42, heure locale[10], l'Itasca reçut le message « Nous devrions être au-dessus de vous, mais nous ne vous voyons pas. Le carburant commence à baisser », à 19 h 30 GMT, h « Nous vous entendons mais n'arrivons pas à relever un minimum, s'il vous plaît faites un relèvement sur nous et répondez sur 3105 en phonie », à 20 h 13 GMT, h 43, heure locale, « KHAQQ à Itasca, nous sommes sur la droite 157 337, nous répéterons ce message sur 6 210 kilocycles, attendez... », enfin à h 55 « Nous cherchons vers le nord et vers le sud »[11]. La « droite 157 337 » a le sens clair d'une droite de hauteur. L'observation du Soleil à son lever, à l'azimut 67°, avait sans doute permis à Noonan de préciser la position de l'avion dans cette direction et de savoir quelle distance restait à courir pour que Howland se trouve quelque part dans la direction exactement perpendiculaire, 157 ou 337°[12]. Soit que le point astronomique de Noonan fût trop imprécis, soit que l'avion ait été décalé trop loin, à droite ou à gauche, sur la droite en question, cette méthode ne suffit pas à Earhart et Noonan pour rejoindre Howland. L'équipage de l'Itasca ne vit ni n'entendit jamais l'avion.

Recherches et hypothèses

La disparition est due à une méthode de navigation trop peu fiable, dans laquelle l'aide radio-goniométrique sur laquelle comptait l'équipage n'a pas pu être obtenue faute principalement d'une préparation suffisante. La seule information apportée par l'heure du lever du soleil a laissé l'équipage dans l'incertitude de sa position en latitude, ce qui l'a conduit soit à un amerrissage forcé, lorsque les réserves de carburant de l'avion furent épuisées, soit à un atterrissage de fortune sur une île autre que Howland.

Monument à la mémoire d’Earhart à Harrison (New York) 10528, dans la rue qui porte maintenant son nom.

Le gouvernement américain, le président Roosevelt en tête, lança une dizaine de navires et une cinquantaine d'avions à la recherche d'Earhart et Noonan, durant quatre mois. Aucune trace de leur appareil ne fut détectée, pas plus que ne furent recueillis de témoignages sur les dernières îles qu'ils auraient pu survoler.

Premières recherches et abandon de l'hypothèse d'un atterrissage aux îles Phœnix

Lorsqu'à 10 h 40, heure locale, le 2 juillet on fut certain que l'avion n'était plus en l'air, l'Itasca appareilla immédiatement pour se mettre à sa recherche, d'abord dans le nord-ouest de Howland[13],[14]. Le soir du 2 juillet, un hydravion Catalina décollait de Pearl Harbor en direction de Howland, mais dut rebrousser chemin à cause du mauvais temps et rentra bredouille à sa base après un vol héroïque de 24 h 3 min[15]. À 23 h 12 GMT le 3 juillet, le cuirassé Colorado appareillait d'Hawaï et pouvait, à partir du 7 juillet, lancer ses trois hydravions en reconnaissance au-dessus des îles Phœnix, où il était logique de penser, celles-ci se trouvant sur la même droite 157-337 qu'Howland, qu'Amelia Earhart avait pu aboutir[16]. Dans son rapport, le lieutenant Lambrecht note à propos du survol de l'île Gardner (aujourd'hui Nikumaroro, Kiribati) le 9 juillet que « ... des signes d'occupation récente étaient clairement visibles, mais des survols répétés ne réussirent pas à provoquer la moindre réaction de réponse de la part d'éventuels habitants, si bien que nous conclûmes qu'il n'y avait personne »[17]. Sauf pendant le séjour transitoire des rescapés du naufrage du cargo Norwich City en 1929, l'île n'avait plus eu d'habitants depuis 1892. Le commandant du Colorado nota quant à lui dans son rapport qu'aucun signe d'habitation n'avait été observé sur Gardner[18] et télégraphia le 10 juillet à l'amiral Murphin que toutes les îles Phœnix avaient été localisées et soigneusement fouillées à la recherche de traces d'Amelia Earhart ou d'habitants[19]. L'US Navy conclut qu'Earhart et Noonan avaient disparu en mer.

Messages radio postérieurs à la disparition

De nombreux opérateurs radio rendirent compte, dans les heures qui suivirent la disparition, de la réception de messages qui pouvaient avoir été émis par Earhart et Noonan. Ces messages devaient être considérés avec précaution, car des messages demandant des nouvelles des aviateurs pouvaient avoir été interprétés comme des messages émis par eux. Certains de ces messages pouvaient aussi être des faux délibérés. L'hypothèse que quelques messages fussent authentiques, associée à l'information, fournie par les ingénieurs de Lockheed, que l'avion ne pouvait émettre que s'il était posé sur la terre ferme et en état de faire tourner un moteur pour recharger ses batteries, fut un des motifs de la reconnaissance entreprise par le Colorado dans l'archipel des îles Phœnix. Le seul message que reçut un service officiel fut, le soir du 4 juillet, un message maladroitement codé en morse que les opérateurs de l'US Navy à Wailupe (Hawaï) transcrivirent comme une suite de mots sans sens clair (et donc intraduisible) : « 281 north Howland call KHAQQ beyond north don’t [or won’t] hold with us much longer above water shut off »[20],[21]. Les trois premiers mots provoquèrent un regain d'intérêt pour la zone située au nord de Howland, sans considération pour la possibilité que l'opérateur maladroit ait pu vouloir coder tout autre chose que "281 N". Les opérateurs de la Pan Am avaient quant à eux obtenu depuis les îles Mokapu, Midway et Wake des relèvements radio-goniométriques convergeant sur l'archipel des îles Phœnix[22].

Des messages captés par des radio-amateurs sur le continent américain donnèrent lieu dans certains cas à des articles dans les journaux locaux[23]. D'autres restèrent longtemps inconnus[24]. En 2000, l'International Group for Historic Aircraft Recovery (TIGHAR (en)) fut contacté par Betty Klenck, une ancienne habitante de St. Petersburg (Floride) qui, en juillet 1937, avait noté ce qu'elle avait pu comprendre d'un message qu'elle avait immédiatement attribué à Amelia Earhart. Les notes de Betty, qui ont été conservées[25], évoquent de façon répétée la montée de l'eau et « quelque chose qui, à l'oreille, ressemblait à "New York City" ». Le père de Betty Klenck, alors adolescente, avait alerté les garde-côtes, qui lui avaient répondu que le gouvernement avait des bateaux sur zone et que tout était sous contrôle.

Amelia Earhart fut déclarée officiellement morte le [26].

Découvertes ultérieures et recherches modernes

Carte de Nikumaroro (archipel des Kiribati).

En 1940, un officier britannique, Gerald Gallagher (en), trouva sur Nikumaroro treize os, dont un crâne, les restes d'une chaussure d'homme et d'une chaussure de femme ainsi qu'une boîte de sextant[27]. Il les envoya aux îles Fidji où le docteur Hoodless, médecin principal de l'école de médecine des îles Fidji (en), crut pouvoir conclure que les os étaient ceux d'un homme, d'environ 1,66 m[28]. Ces restes ayant été, depuis, égarés, TIGHAR demanda en 1998 à deux anthropologues médico-légaux de réanalyser les mensurations consignées par le Dr Hoodless. Ceux-ci conclurent que les os étaient plus probablement ceux d'une femme que d'un homme et plus probablement d'origine nord-européenne[28]. En décembre 2010, une équipe universitaire annonçait avoir trouvé, dans la zone de l'île où les restes avaient été précédemment découverts, trois fragments d'os qui auraient pu être ceux d'un doigt humain mais une analyse ADN ne permit pas de confirmer que ces fragments fussent d'origine humaine[29]. En 2018, une nouvelle étude des mesures effectuées par Hoodless indique l'extrême probabilité que les os trouvés en 1940, et perdus depuis, soient effectivement ceux d'Amelia Earhart[30]. Un article publié en mars 2018 dans la revue de l’université de Floride Forensic Anthropology par l’anthropologue Richard L. Jantz conclut que les os trouvés à Nikumaroro par Gallagher, en 1940, correspondent « davantage au squelette d’Amelia Earhart qu’à 99 % d’autres individus quelconques »[31].

En août 2012, des chercheurs avaient repéré à l'ouest de Nikumaroro, sous l'eau, des débris qui pourraient provenir de l'avion d'Earhart et Noonan, notamment des éléments ressemblant aux restes d'un train d'atterrissage[32]. Selon ces chercheurs, l'avion pourrait avoir atterri sur le platier de corail bordant l'île puis avoir été ensuite emporté par la marée[33], de la même façon que le bimoteur Croydon (en) ST-18, qui s'était égaré au-dessus de la mer de Timor en septembre 1936[34],[35].

En 2018, les archives révèlent que le numéro 1542 inscrit dans la boîte de sextant trouvée en 1940 est celui d'un instrument ayant fait partie de l'équipement embarqué à bord de l'USS Bushnell (en) en 1939[36]. À moins donc que ce sextant ne se fût pas trouvé dans sa boîte et que, par extraordinaire, celle-ci eût été en possession de Noonan et d'Earhart en 1937, cette boîte n'a finalement rien à voir avec la tentative de tour du monde d'Amelia Earhart.

Autres hypothèses

Depuis 1937, en l'absence de trace de l'avion, plusieurs hypothèses ont été émises, supposant que sa mort n'était pas due à un banal accident. Aucune de ces hypothèses, détaillées ci-dessous, n'a pu être prouvée, vérifiée ou confirmée :