Indicateurs économiques au Venezuela 1998-2017

La crise économique vénézuélienne se réfère à la détérioration qui a commencé à être remarquée dans les principaux indicateurs macroéconomiques de l'année 2012 et qui se poursuit aujourd'hui au Venezuela. Les conséquences de cette crise se sont étendues dans le temps et dans la société provoquant une grave crise politique, sociale, humanitaire et migratoire.

L'économie vénézuélienne étant fortement dépendante de la rente pétrolière, qui représente 90 % des exportations et 50 % du budget de l'État, la chute des cours du pétrole démarrée en 2013 a fait chuter les revenus de l'État et exploser le taux d'inflation.

Contexte

Après 2003, à la faveur de l'augmentation des prix des hydrocarbures, d'un climat politique plus détendu et de la reprise en main de PDVSA par le gouvernement du président Hugo Chávez, le Venezuela a connu un taux de croissance du PIB de 13,5 % en moyenne jusqu'en 2009 (un des plus hauts du monde, selon les chiffres officiels et ceux du FMI)[1].

Les investissements sociaux du gouvernement (par le biais des misiones) dans les domaines éducatifs, alimentaires et médico-sanitaires, créées depuis 2001 commencent à porter leurs fruits : le taux de pauvreté est réduit entre 2003 et 2008 de près de 30 points (de 54 % à 26 %), dont une diminution particulièrement significative de l'extrême pauvreté de 72 %[1], tandis que près de 1 250 000 personnes ont été alphabétisées entre 2003 et 2004 selon les chiffres de la Banque centrale du Venezuela (Banco Central de Venezuela)[réf. nécessaire]. Ces progrès sociaux s’accompagnent aussi d'une réduction des inégalités mesurées par l'indice de Gini[1].

Le PIB par habitant en PPA est passé entre 2003 et 2008 de 5 033 à 8 500 dollars selon les chiffres du FMI (estimation), et de 5 500 à 8 500 $ entre 1999 et 2008 (est.).

La crise économique de 2008 et l'effondrement soudain du cours des matières premières ont conduit à une faible croissance et une inflation forte. La forte inflation (30,9 % en 2008) a affecté la population durant cette période, mais le maintien des cours du pétrole et des volumes d'exportation ont permis à l'économie de se maintenir.

Hyperinflation, pénuries et conséquences sociales

Vidéo expliquant la pénurie au Venezuela.

Selon le FMI, l'inflation pourrait bondir à 10 000 000 % en 2019, après 1 370 000 en 2018[2] ; le PIB vénézuélien devrait se contracter de 12 % en 2017 après une chute de 18 % en 2016. Plus d’un million de Vénézuéliens ont fui leur pays pour se réfugier en Colombie, qui a un temps fermé sa frontière. D’autres ont choisi Manaus, au Brésil, pour sa commodité d’accès. Pas moins de 50 000 personnes sont parties chercher refuge au Chili[3].

Pénurie dans les rayons des magasins vénézuéliens en novembre 2013.

Les difficultés économiques liées à l'inflation et la sous-production nationale ont conduit à de graves problèmes de pénurie, notamment alimentaire à l'origine des manifestations massives de 2014 à 2017[4].

Le gouvernement de Nicolas Maduro a renforcé le contrôle des prix dans le pays, ce qui a conduit au développement d'un marché noir important, notamment pour les devises étrangères[5].

Le déficit public du Venezuela est estimé à 20 % du PIB en 2015[6].

Le 15 novembre 2017, le pays est déclaré en défaut de paiement partiel par les agences de notation Fitch Ratings et S&P Global[7].

En décembre 2017, en réaction à la crise et aux sanctions, il annonce la création d'une cryptomonnaie, le petro, dont le cours dépend du pétrole, du gaz, de l'or et du diamant[8].

Chômage

Un manifestant de l'opposition lors des manifestations de 2014 au Venezuela, portant une pancarte disant: "Je proteste pour la pénurie. Où pouvons-nous les obtenir?"

Le chômage, qui a atteint un creux historique au milieu de l'année 2012 avec 890 000 personnes (7,82% de la population active), a enregistré un record au premier trimestre 2016 avec plus de 2 700 000 chômeurs (18 %), avec le chômage des jeunes (chômeurs de moins de 25 ans) de plus de 349 000 personnes (26,5%).

Notation financière

Selon la plupart des agences de notation, au début de 2013, les notations de crédit du Venezuela ont été revues à la baisse en "obligations à risque" ou en dessous de la catégorie "investment grade" avec des perspectives négatives. Dans un peu plus d'une année, Standard & Poor's a dégradé trois fois la cote de crédit du Venezuela; de B+ à B en juin 2013[9], B à B- en décembre 2013 et de B- à CCC+ en septembre 2014. Fitch Ratings a abaissé chacune des notations de crédit du Venezuela de B + à B. En décembre 2013, Moody's Investors a également rétrogradé à Caa1, les notations (B1) et les devises (B2). Les raisons expliquées pour les changements de notation étant la forte augmentation de l'effondrement économique et financier, en raison de la politique du gouvernement vénézuélien et d'un taux d'inflation "hors de contrôle".

Références

Original: Original:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_économique_vénézuélienne