Guerre de 1870
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Informations générales
Date -
(6 mois et 10 jours)
Lieu France et Prusse
Casus belli Dépêche d'Ems
Issue

Victoire allemande

- Annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne
- Chute du Second Empire après la capture de Napoléon III
- Proclamation de l'Empire allemand
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français puis
Drapeau de la France République française
Drapeau de la confédération de l'Allemagne du Nord Confédération de l'Allemagne du Nord puis
Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Drapeau du Royaume de Bavière Royaume de Bavière
Drapeau du Grand-duché de Bade Grand-duché de Bade
Flagge Königreich Württemberg.svg Royaume de Wurtemberg
Commandants
Napoléon III
puis Louis Jules Trochu
Léon Gambetta
Guillaume Ier
Otto von Bismarck
Helmuth von Moltke
Forces en présence
230 000 fantassins[1]
25 000 cavaliers[1]
1 600 000 hommes mobilisés
462 000 fantassins[2]
56 000 cavaliers[2]
1 400 000 hommes mobilisés
Pertes
139 000 morts[3] 474 414 prisonniers[Note 1]51 000 morts[3]

Batailles

Chronologie de la guerre franco-prussienne de 1870 · Sarrebruck (08-1870) · Wissembourg (08-1870) · Forbach-Spicheren (08-1870) · Wœrth (08-1870) · Bitche (08-1870) · Borny-Colombey (08-1870) · Mars-la-Tour (08-1870) · Toul (08-1870) · Gravelotte (08-1870) · Metz (08-1870) · Strasbourg (08-1870) · Beaumont (08-1870) · Noisseville (08-1870) · Sedan (08-1870) · Montmédy (09-1870) · Soissons (09-1870) · Siège de Paris et Chronologie du siège (09-1870) · Bellevue (10-1870) · Châteaudun (10-1870) · Dijon (10-1870) · Belfort (11-1870) · La Fère (11-1870) · Bouvet et Meteor (navale) (11-1870) · Coulmiers (11-1870) · Thionville (11-1870) · Villers-Bretonneux (11-1870) · Beaune-la-Rolande (11-1870) · Champigny (11-1870) · Orléans (12-1870) · Loigny (12-1870) · Longeau (12-1870) · l’Hallue (12-1870) · Bapaume (01-1871) · Villersexel (01-1871) · Le Mans (01-1871) · Héricourt (01-1871) · Saint-Quentin (01-1871) · Buzenval (01-1871)

La guerre franco-allemande de 1870[4], parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui opposa, du au [4], la France et une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade[5]. Cette guerre fut considérée par Otto von Bismarck, qui fit tout pour qu'elle advienne, comme une conséquence de la défaite prussienne lors de la bataille d'Iéna de 1806 contre l'Empire français. Il dira d'ailleurs, après la proclamation de l'Empire allemand à Versailles en 1871 : « Sans Iéna, pas de Versailles »[6] : par là, il parvenait à ses fins, unifier la nation allemande.

Le , l’Empire français déclarait la guerre au royaume de Prusse[5]. Les hostilités allaient prendre fin le avec la signature d’un armistice[4],[7]. Le traité de paix, signé le 10 mai à Francfort-sur-le-Main, consacrait la défaite de la France.

Ce conflit se solda par la défaite de la France, et, forts de cette victoire, les États allemands s’unirent en un Empire allemand, proclamé au château de Versailles, le 18 janvier 1871. La victoire entraîna l’annexion par le Reich du territoire d’Alsace-Moselle et l’affirmation de la puissance allemande en Europe au détriment de l’Autriche-Hongrie et de la France qui fut confrontée à l'occupation de son territoire et à l'épisode de la Commune de Paris du 18 mars au 28 mai 1871.

La défaite de Sedan et la capitulation de Napoléon III provoquèrent, le , la chute du Second Empire ainsi que l'exil de Napoléon III, et marquèrent la naissance en France d'un régime républicain pérenne avec la Troisième République.

La défaite et la perte de l'Alsace-Lorraine provoquèrent en France un sentiment de frustration durable et extrême qui contribua à l'échec du pacifisme, et plus tard, à l'entrée du pays dans la Première Guerre mondiale.

Causes

Contexte historique

Le mouvement des nationalités

La guerre franco-allemande s’inscrivit dans le contexte troublé du XIXe siècle où les aspirations nationales de peuples s’exprimèrent à plusieurs reprises sans toujours aboutir à la création d’un État-nation. La Grèce, la Belgique et l’Italie y parvinrent. Grâce à l’intervention militaire de la France contre l’Autriche, un élan unitaire entraîna la fusion des États italiens avec le royaume de Piémont-Sardaigne, à la suite de plébiscites organisés. Le royaume d’Italie fut proclamé par le parlement réuni à Turin, le 17 mars 1861.

Le projet d'unification allemande prit naissance, quant à lui, avec les Discours à la nation allemande (Reden an die deutsche Nation) de Johann Gottlieb Fichte qui, en décembre 1807, essaya d'éveiller un sentiment national dans le but de susciter la création d'un État national allemand, sur les ruines du Saint-Empire romain germanique, libérant les Allemands de l'occupation napoléonienne.

En 1834 fut créée une union douanière, le Zollverein, entre la Prusse et une trentaine d’États allemands du Nord, qui permit la construction d'un réseau ferré puissant et le décollage économique de l'Allemagne du Nord par le désenclavement de régions industrielles comme la Ruhr ou la Saxe et l'ascension d'une bourgeoisie libérale, initiatrice du mouvement unitaire. Plusieurs tentatives libérales d'union échouèrent, notamment en 1848.

Napoléon III, devenu empereur des Français en 1852, souhaitait un remaniement de la carte de l’Europe. Selon lui, les mouvements nationaux étaient un facteur d’instabilité qu’il fallait canaliser pour permettre l’avènement d’une Europe nouvelle, rééquilibrée, pacifiée par le respect du principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de la souveraineté nationale[8].

La politique de Bismarck

Carte de la situation politique de la confédération de l'Allemagne du Nord (en rouge), des États germaniques du Sud (en jaune) et de l'Alsace-Moselle (en beige).

Tout autre était la vision d’Otto von Bismarck, ministre-président de Prusse, qui, issu de la noblesse terrienne, était conservateur dans l’âme. Selon sa formule[9] :

« L'Allemagne ne s'intéresse pas au libéralisme de la Prusse mais à sa force (…). La Prusse doit rassembler ses forces et les tenir en réserve pour un moment favorable qu'on a déjà laissé passer plusieurs fois. Depuis les traités de Vienne, nos frontières ne sont pas favorables au développement de notre État. Ce n'est pas par des discours et des votes de majorité que les grandes questions de notre époque seront résolues, comme on l'a cru en 1848, mais par le fer et par le sang. »

Pour lui donc, primait la force. Pour réaliser l’unité de l’Allemagne autour de la Prusse, il convenait, en premier lieu, d’éliminer l’Autriche qui présidait la Confédération germanique rassemblant tous les États allemands dans un vaste ensemble dont le poids politique était à peu près nul.

Sous l’impulsion de Bismarck, l’unité allemande ne suivit pas le même cheminement que celle de l’Italie. Après avoir réussi à unifier les États germaniques du Nord en créant la confédération de l'Allemagne du Nord en 1867, Otto von Bismarck souhaita réunir les États catholiques du Sud (notamment la Bavière, le pays de Bade et le Wurtemberg, traditionnellement francophiles) pour créer un nouvel Empire allemand qui aurait alors été une puissance économique et militaire considérable et aurait changé l'équilibre des puissances en Europe, jusque-là dominée par l'Angleterre, la France, l'Autriche et la Russie, mais ce projet ne put aboutir.

Bismarck décida alors de provoquer délibérément l’Autriche pour en découdre militairement. Le 3 juillet 1866, l’armée prussienne écrasa l’armée autrichienne à Sadowa. En conséquence, l’Autriche se trouva écartée des affaires allemandes.

Voyant se profiler l'éventualité d'un conflit austro-prussien, Napoléon III avait tenté de monnayer sa neutralité en négociant avec Bismarck l'annexion par la France d'une partie de la rive gauche dans le cas où la Prusse sortait victorieuse du conflit. Parallèlement, il signait avec l'Autriche un traité secret aux termes duquel il garantissait à ce pays sa neutralité et la neutralité de l'Italie en échange de la cession de la Vénétie, qu'il comptait remettre ensuite à l'Italie. La défaite éclair de l'Autriche et l'annexion partielle ou totale par la Prusse d'États allemands alliés de l'Autriche bouleversa les plans de l'Empereur, qui s'était attendu à une longue guerre. Il demanda alors comme compensation le retour à la frontière de 1814, soit l'annexion de la Sarre et du Luxembourg. Bismarck fit échouer ce qu'il appelait la « politique des pourboires » et communiqua au gouvernement bavarois et aux autres États d'Allemagne du sud les visées de la France sur la rive gauche, ce qui ne put que faciliter la négociation d'alliances militaires avec ces États dans l'éventualité d'une guerre contre la France. Napoléon III orienta alors ses revendications sur des territoires non allemands: Belgique et Luxembourg. Bismarck fit semblant de donner son accord puis laissa les négociations sur un traité franco-prussien sur la question s'enliser. Il ne lui restera plus en 1870 qu'à montrer ce projet de traité à la Belgique et à la Grande-Bretagne pour compromettre irrémédiablement Napoléon III dans l'opinion publique de ces pays[10]. Le gouvernement français dut reculer mais le danger prussien apparut dans toute son ampleur et l’opinion publique française jugea de plus en plus la guerre comme inévitable, tout en se prononçant, comme le faisait remarquer le ministre d'État Eugène Rouher, « dans le sens d'un agrandissement » au profit de la France[8].

Bismarck, lui aussi, pensait qu’un conflit armé avec la France était inévitable, comme il l’a lui-même reconnu dans son livre de souvenirs : « Je ne doutais pas de la nécessité d’une guerre franco-allemande avant de pouvoir mener à bien la construction d’une Allemagne unie »[11]. Cette certitude allait de pair avec la conviction qu’il exprime ainsi : « Si les Français nous combattent seuls, ils sont perdus ».

L'élément déclencheur : la candidature d'un prince prussien au trône d'Espagne

L'une des causes de la guerre fut le jeu politique des classes dominantes autour du trône d'Espagne (vacant depuis la révolution de septembre 1868).

Le , poussé par Bismarck[12],[13],[14],[15], Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, un cousin catholique du roi Guillaume Ier de Prusse, accepte l'offre que lui fait le général Prim, l'homme fort du gouvernement espagnol, d'être candidat au trône d'Espagne[16].

Cette candidature souleva les craintes de la France d'être « encerclée » par une possible coalition rappelant l'empire de Charles Quint, mais ce fut la surenchère politique dans le cadre des luttes d'influence sur la scène européenne (surtout après l'échec de l'intervention française au Mexique) qui, le 6 juillet, poussa le duc de Gramont, ministre des Affaires étrangères de Napoléon III, à annoncer que la France s'opposait à cette candidature.

Monument commémoratif de la dépêche d'Ems à Bad Ems (Allemagne).

Le roi de Prusse, soucieux de ne pas déclencher un conflit européen, fit pression pour que Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen retirât sa candidature. Il le fit par une déclaration de son père le Prince Antoine (dont la famille avait été favorisée par Napoléon Ier), le 12 juillet, afin d'apaiser les tensions diplomatiques.

La dépêche d'Ems

Le roi Guillaume de Prusse approuva la renonciation du prince au trône d'Espagne. Cependant, la France voulait obtenir la garantie qu'aucun autre prince de la maison Hohenzollern ne prétendrait jamais plus au trône d'Espagne. L'ambassadeur de France, Vincent Benedetti, fut reçu, le 13 juillet, à Ems par le roi de Prusse qui lui confirma son approbation du retrait du prince mais ne voulut pas s'engager plus avant (pour ne pas céder aux exigences françaises), considérant l'affaire comme close. Il refusa courtoisement d'accorder une seconde entrevue à l'ambassadeur lui faisant savoir qu'il « n'a plus rien d'autre à dire à l'ambassadeur ». L'ambassadeur de France alla cependant saluer le roi de Prusse avant son départ pour Berlin. La situation semblait donc s'apaiser.

Cependant, Bismarck, bien informé des réalités de l'armée française, fort peu préparée à une guerre européenne et démoralisée par le désastre de l'expédition au Mexique, en avait décidé autrement. Après concertation avec le chef d'état-major des armées Moltke, il adressa aux chancelleries étrangères un récit tronqué de l'entretien entre Guillaume de Prusse et l'ambassadeur de France, c'est la « dépêche d'Ems », qui laissait croire à un congédiement humiliant de l'ambassadeur, espérant que « ce texte fera sur le taureau gaulois l'effet d'un chiffon rouge »[17]. En effet, il provoqua, à Paris, l'indignation de l'opinion. Le 19 juillet 1870, la France déclara la guerre à la Prusse[8].

L'entrée en guerre

Côté français

La presse parisienne dénonça l'affront de la « dépêche d'Ems », telle que réécrite par Bismarck. La mobilisation, arrêtée secrètement le 13 juillet, fut signée le 14. Le 15, elle fut approuvée par le Corps législatif. Malgré les ultimes avertissements d'Adolphe Thiers (« Vous n'êtes pas prêts ! », criait-il aux parlementaires belliqueux), le Corps législatif français vota aussi les crédits de guerre. Le 16 juillet, le maréchal Bazaine fut placé à la tête du 3e corps de l'armée du Rhin. Il reçut autorité sur les armées des généraux Frossard et Ladmirault ainsi que sur la Garde impériale. Le général Chabaud-Latour fut chargé de la défense de Paris. Des travaux furent entrepris au fort du Mont-Valérien, aux forts de Montrouge, de Bicêtre, d'Ivry, de Vanves, d'Issy, puis le 3 août aux forts de l'Est, et à Saint-Denis ; plus d'une vingtaine de redoutes furent construites.

Le 17 juillet, lors d'un rassemblement populaire d'étudiants et d'ouvriers à la Bastille, le républicain Émile Ollivier, président du Conseil sans toutefois en porter le titre, poussé par l'opinion publique, déclara la guerre à la Prusse (la déclaration sera officielle deux jours plus tard). Le 19 juillet, Émile Ollivier, devant le Corps législatif, dit accepter la guerre « d'un cœur léger ».

Le 19 juillet, la France déclara la guerre à la Prusse. Cette décision provoqua un rassemblement enthousiaste des Parisiens devant le palais des Tuileries. Peu se rendaient compte que l'armée française était mal préparée à cette guerre : « nous sommes prêts et archi-prêts, la guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats », déclara Edmond Le Bœuf, maréchal de France et ministre de la Guerre, à la Chambre des députés le 15 juillet 1870[18].

Les élites françaises étaient très confiantes dans leur armée et se faisaient des illusions sur ses chances de succès. Lors de la défaite de Wissembourg, le 4 août 1870, la Bourse de Paris resta stable. Elle ne chuta que plus tard, lorsqu'elle fut suivie par une série d'autres défaites, l'emprunt public à rendement de 3 % dégringolant de 13 %, d'un cours de 61,7 à 53,95[19].

Côté allemand

Les États allemands du Sud, à savoir le royaume de Bavière, le royaume de Wurtemberg, le grand-duché de Bade et le grand-duché de Hesse-Darmstadt, prirent alors parti pour la Prusse qui était sur le point d'être agressée et rejoignirent les forces de la confédération de l'Allemagne du Nord.

Forces en présence

Faiblesses françaises

La faiblesse majeure de l’armée de Napoléon III était son impréparation à faire la guerre : le système de recrutement était déficient et les difficultés logistiques liées à la mobilisation ne permirent d'aligner que 300 000 soldats de métier au début du conflit. La Garde nationale mobile mobilisée n'était pas en mesure de résister à l'ennemi.

L'armée française dirigée par l'empereur en personne ne disposait pas d'un corps de stratèges capable de définir une doctrine militaire. Les maréchaux qui entouraient l'empereur formaient une caste conservatrice et peu encline à échanger des informations tactiques ou stratégiques entre ses membres. Les chefs militaires français furent incapables de commander une grande quantité d’hommes. Lors de situations graves, voire désespérées, ce fut de l’initiative et du sacrifice des soldats que dépendit le salut de l’armée[20].

Au début du conflit, la France disposait de 265 000 soldats réunis dans l'armée du Rhin contre 500 000 soldats prussiens auxquels s'ajoutaient les forces de quatre États allemands du Sud, soit un total de 800 000 soldats[24]. La mobilisation terminée, les troupes françaises comptaient 900 000 soldats contre 1 200 000 soldats allemands et prussiens.

La victoire de la France sur l'Autriche en 1859 fit illusion, car lors de la campagne, l'armée française n'avait pas de plan de manœuvre et sa logistique était improvisée. Or en 1870, la situation était identique d'autant que la majorité des commandants d'armée, de corps d'armée et de division n'était pas prêts à exercer de telles responsabilités. En revanche, les régiments étaient encadrés par des officiers de valeur.

La supériorité prussienne

En Allemagne, sous l’influence du maréchal von Moltke, un état-major compétent s'était constitué. L'armée prussienne était formée de conscrits disciplinés, instruits, bien entraînés. Les effectifs atteignaient 500 000 hommes, avec une expérience récente du feu : contre le Danemark (1864) et contre l’Autriche (1866). L'armée prussienne disposait, en outre, d’une artillerie lourde. Dans le conflit, elle choisit de concentrer ses troupes sur des points précis, plutôt que de les disperser. Ces deux principes compensèrent largement les faiblesses du fusil allemand Dreyse, face aux qualités du Chassepot français.

Les armées de la confédération de l'Allemagne du Nord, des États de Bavière et de Wurtemberg, de Bade et de Hesse sont organisées selon le modèle prussien. Les réserves sont constituées de longue date et le commandement est formé de généraux et d'états-majors entraînés par des exercices annuels.

Armée française

Les troupes françaises étaient composées de 8 corps d'armées qui regroupent 23 divisions d'infanterie et 6 divisions de cavalerie.

Infanterie

L'organisation des corps d'infanterie est réglée par l'ordonnance du 8 septembre 1841. Cette arme se compose, indépendamment des corps faisant partie de la Garde impériale, de :

La réserve est formée de la garde nationale mobile (les « moblots ») et de la garde nationale sédentaire qui sont de formation récente et dont la valeur combative, variable, est inconnue à la déclaration de la guerre.

Cavalerie

Au début de la campagne de 1870, l'armée française compte 63 régiments de cavalerie, répartis en cavalerie légère (chasseurs et hussards), cavalerie de ligne (dragons et lanciers) et cavalerie de réserve (cuirassiers et carabiniers).

La cavalerie française est moins bien utilisée que celle des Prussiens dans le domaine de la reconnaissance, et le commandement croit encore à sa puissance de choc. En fait, l'artillerie prussienne (obus percutant) et les fusils modernes à tir rapide brisent les charges désormais inefficaces.

Une batterie française pendant la guerre de 1870.

Artillerie

Le canon de campagne français ou « pièce de 4 » utilisait surtout des obus fusants — réglés avant le chargement dans le canon, pour seulement trois distances d'éclatement possibles — plutôt que des obus percutants, explosant à l'impact. Une infériorité technique qui greva la « pièce de 4 » de manière rédhibitoire par rapport aux effets du canon Krupp. L'infériorité de l'artillerie française, d’après le général Suzanne, directeur de l’artillerie en 1870, découlait aussi du mode d'emploi de l’artillerie : dispersion excessive de l'artillerie avec absence de grande batteries, duel avec l’artillerie adverse avec pour seul résultat d'attirer sur elle une concentration des batteries ennemies. Une seule grande batterie fut constituée par le colonel de Montluisant à Saint-Privat le 18 août. Elle infligea de fortes pertes à la garde prussienne.

Il faut également citer les canons à balles de Reffye, ces mitrailleuses qui tiraient environ 75 coups à la minute. Chaque fois que les officiers, commandant ces batteries de mitrailleuses à 6 pièces, comprennent qu’il valait mieux ne pas engager la lutte contre l’artillerie adverse mais contre l’infanterie, des résultats spectaculaires sont obtenus. Il semble même que la majorité des pertes prussiennes infligées par l'artillerie française leur soit imputable.

Armement du soldat

Le fusil Chassepot modèle 1866 français, avec une munition de 11 mm, a une portée utile de 600 mètres, est supérieur au fusil Dreyse équipant l'armée allemande. Ce dernier a une munition de 15 mm qui est moins puissante et moins précise. Par surcroît, l'effet vulnérant de la balle Chassepot était dévastateur. Plus de 80 % des pertes infligées aux troupes adverses en 1870-71 ont été imputées, après la guerre, aux effets du fusil Chassepot.

La dotation du fantassin français est de 134 cartouches par homme, 90 dans le sac, 24 à la réserve divisionnaire, et 20 dans les caissons de parc du corps d'armée. À la veille de la guerre, la France disposait d'un stock de 1 037 000 fusils Chassepot[25].

Le pistolet Lefaucheux 12 mm marin, est employé durant le conflit de 1870 avec des cartouches de 12 mm à broches. Son rechargement est lent du fait de sa conception. En effet, la portière de rechargement ne permet d'insérer qu'une seule cartouche à la fois.

Alphonse Deneuville (Saint-Omer, 1835 - Paris, 1885), Le combat de Chenebier, 1884. L'uniforme en drap bleu foncé et le pantalon garance sont bien visibles.

Uniforme de l'infanterie de ligne

Tunique en drap bleu foncé à deux rangées de boutons ; col jonquille avec passepoil bleu ; parements bleus avec passepoils jonquilles ; épaulettes écarlates ; boutons en cuivre avec le numéro du régiment ; pantalon garance tombant droit sur le cou-de-pied ; guêtre en cuir ou de toile blanche selon la tenue ; le képi garance avec bandeau bleu portant le numéro du régiment décoré en drap jonquille ; pompon à flamme écarlate ; jugulaire en cuir ; grand équipement en cuir noir.

Armée allemande

Les troupes allemandes sont composées de 16 corps d'armées qui regroupent 32 divisions d'infanterie et 8 divisions de cavalerie. Elles disposent de services de chemin de fer et de télégraphe.

Infanterie

Les régiments d'active sont commandés par d'excellents officiers entraînés à leurs responsabilités. Les réserves constituées depuis longtemps disposent de corps d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie.

Artillerie

Le canon Krupp prussien en acier se charge par la culasse, tandis que son homologue français est en bronze et se charge par la bouche. Ces avantages sont cependant limités par la qualité du métal et les deux types de canons sont rayés. En revanche, la cadence de tir du canon Krupp est nettement supérieure et la portée du canon Krupp est de 6 km contre 4 km pour les canons français. La supériorité prussienne vient aussi de l'utilisation d'obus percutants plutôt que fusants.

Armement du soldat

Les fusils Dreyse ont une portée et une précision moindre que les Chassepot français, mais l'armée prussienne est beaucoup plus entraînée et son commandement beaucoup mieux hiérarchisé, avec un système de transmissions efficace, conformément aux doctrines de l'Académie de guerre de Prusse[26].

Déroulement du conflit

La guerre franco-allemande marqua le déclin irrémédiable de l'usage de la cavalerie en Europe, désormais brisée par la puissance de feu et la rapidité de tir des fusils, mitrailleuses et de l'artillerie (chargement par la culasse), alors que celle-ci avait dominé les champs de bataille pendant 150 ans (contrairement à la guerre de sécession qui presque au même moment s'articulait notamment sur une remarquable utilisation de la cavalerie)[27].

La défaite de Napoléon III

Capitulation de Sedan, dessin d'Honoré Daumier dans Le Charivari du 22 septembre 1870.

Mal préparés, le plus souvent inférieurs en nombre et très mal commandés, les Français furent sévèrement battus dans plusieurs batailles, où ils firent cependant quelquefois preuve de panache : menacé d'encerclement par l'armée du Kronprinz à Frœschwiller (67), Mac Mahon sacrifia sa cavalerie pour dégager un axe de retraite vers Metz et Verdun.

À la bataille de Frœschwiller-Wœrth, les régiments cuirassiers chargèrent héroïquement dans Frœschwiller et dans Morsbronn où ils furent écrasés par les coalisés : des premier et deuxième régiments de cuirassiers il ne resta que peu de survivants[28].

En août 1870, Napoléon III établit son quartier général avec son état-major et le général Mac Mahon dans le château de Saint-Brice-Courcelles près de Reims.

Le 18 août, la bataille de Saint-Privat se solda par une défaite des armées françaises.

Après les défaites de Saint-Privat et de Gravelotte, le maréchal Bazaine se laissa assiéger dans Metz à partir du 20 août 1870 avec 180 000 soldats, 6 000 officiers, 1 650 canons, 6 000 à 10 000 chevaux, 278 000 fusils, 3 millions d'obus, 23 millions de cartouches[29].

Article détaillé : Siège de Metz (1870).

Le 2 septembre, à Sedan, l'empereur des Français Napoléon III capitula avec 39 généraux, 70 000 à 100 000 soldats, 419 à 650 canons, 6 000 à 10 000 chevaux, 553 pièces de campagne et de siège et 66 000 fusils. L'organisation de l'armée impériale française était anéantie, le gros des unités de l'armée régulière était alors hors de combat.

Article détaillé : Bataille de Sedan.

La Défense nationale

La capitulation de Napoléon III provoqua un soulèvement populaire à Paris, la chute du Second Empire et la proclamation de la République, le 4 septembre 1870. Un gouvernement provisoire fut aussitôt créé.

Le général Trochu, chef du Gouvernement de la Défense nationale, et Léon Gambetta, ministre de l'Intérieur et de la Guerre, tentèrent de réorganiser ce qu'il restait des armées françaises en déroute pour tenter de redresser la situation.

Le gouvernement choisit de rester dans Paris menacé d'encerclement par les troupes prussiennes et leurs alliés. Il décida néanmoins la création d'une délégation gouvernementale qui s'installa à Tours le 12 septembre 1870. Elle était dirigée par Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, assisté d'Alexandre Glais-Bizoin et de l'amiral Fourichon. La mission de ces hommes était de coordonner les actions en province pour tenter de vaincre l'ennemi.

Siège de Paris

Le siège de Paris se déroula du 17 septembre 1870 au 26 janvier 1871.

Le 27 décembre au matin, le bombardement d'artillerie commença, d'abord sur les forts de l'Est (Rosny-sous-Bois, Noisy-le-Sec, Nogent-sur-Marne), puis sur les forts du Sud (Bicêtre, Montrouge, Vanves, Issy-les-Moulineaux). Dans la nuit du 5 au 6 janvier, les bombardements sur Paris commencèrent[30].

Les seuls moyens, alors, de transmettre, entre Paris et la province, des informations étaient l'utilisation de pigeons voyageurs et de ballons montés.

De Paris encerclée, plusieurs tentatives de sortie pour desserrer l'étau prussien furent entreprises :

Le soulèvement du 31 octobre 1870 contre le gouvernement obligea celui-ci à organiser un plébiscite le 3 novembre. Les résultats du vote renforcèrent le gouvernement qui organisa des élections municipales deux jours plus tard.

Le soulèvement du 22 janvier 1871 visant à empêcher le gouvernement de capituler échoua. Un armistice fut signé avec l'Allemagne, le 26 janvier 1871, il entra en vigueur le 28.

La délégation gouvernementale de Tours

Il apparut au gouvernement qu'une personnalité forte était nécessaire pour diriger la délégation de Tours. Gambetta, sollicité par ses collègues ministres, quitta Paris en ballon monté[Note 2], accompagné d'Eugène Spuller, le 7 octobre, pour organiser la défense nationale. Il rejoignit ses trois collègues à Tours le 9 octobre.

Un fort mouvement patriotique toucha tous les milieux politiques et déborda même les frontières. Il alla des Vendéens royalistes aux Chemises rouges de Garibaldi[31]. Des volontaires s'engagèrent, des bataillons de « mobiles » de la Garde nationale[32] se confondirent avec les territoriaux et firent face à l'ennemi. Des francs-tireurs[31] harcelèrent les arrières de l'armée allemande. Mais, faute de cadres, d'équipement et de formation militaire suffisants, ces volontaires ne furent pas en mesure de vaincre les troupes allemandes aguerries.

À Metz, le maréchal Bazaine capitula le 19 octobre, livrant aux Prussiens 170 000 à 180 000 soldats, 1 660 canons, 278 000 fusils.

Gambetta organisa la résistance depuis Tours. Il reconstitua trois armées : l'armée du Nord, l'armée de la Loire et l'armée de l'Est. Une quatrième armée, l'armée des Vosges était formée majoritairement de soldats étrangers s'étant mis au service de la France. Ces quatre armées combattirent sur différents fronts :

Sur la Loire

Après la capitulation de Metz, les autorités prussiennes exigent que les francs-tireurs se trouvant dans leurs familles se rendent sous trois jours sous peine de représailles.
Article détaillé : Armée de la Loire.

Le 27 octobre 1870, Bazaine capitula à Metz libérant la IIe armée allemande qui se porta au-devant de la première armée de la Loire du général Aurelle de Paladines. Celui-ci fut d'abord vainqueur des Bavarois à Coulmiers, à l'ouest d'Orléans, le 9 novembre mais il fut ensuite battu le 2 décembre à Loigny et le 8 décembre près d'Orléans. L'armée allemande attaqua alors la deuxième armée de la Loire, confiée au général Chanzy, qui fut battue le 11 janvier au Mans.
L'armée de la Loire se replia alors derrière la Mayenne.

En Bourgogne

Article détaillé : Armée des Vosges (1870).

Giuseppe Garibaldi, général républicain italien, se mit à la disposition du gouvernement de la Défense nationale, il débarqua le 7 octobre à Marseille. Aucun officier supérieur français n'accepta d'être sous ses ordres. Gambetta lui confia le commandement de tous les corps francs de la zone des Vosges, de Strasbourg à Paris et une brigade de gardes mobiles. L'armée des Vosges était composée de coloniaux, de gardes nationaux originaires des Alpes-Maritimes et de Savoie, de corps francs (Est et Sud-Est de la France), de volontaires étrangers (polonais, hongrois, espagnols, américains et, surtout, italiens) : initialement moins de 4 000 hommes mal armés, mal équipés pour passer l'hiver. Garibaldi était accompagné de ses deux fils, Ricciotti et Menotti et de son gendre, Stefano Canzio.

Le 19 novembre, Ricciotti Garibaldi infligea une défaite aux Prussiens du général Werder à Châtillon-sur-Seine. Dijon était occupée depuis le 31 octobre 1870. Le 17 décembre, les Prussiens évacuèrent la ville étant informés de l'arrivée des troupes régulières françaises menées par le général Bourbaki. Les Prussiens attaquèrent Dijon les 21, 22 et 23 janvier 1871. Garibaldi sortit victorieux de la bataille tandis que Ricciotti s'emparait d'un drapeau du 61e régiment poméranien. Un armistice entra en vigueur le 28 janvier 1871.

Dans le Nord

Article détaillé : Armée du Nord (1870-1871).

L'armée du Nord fut dirigée par le général Bourbaki puis par le général Farre qui fut remplacé par le général Faidherbe, le 3 décembre 1870. Après la bataille d'Amiens, suivie de la bataille de l'Hallue, du siège de Péronne et de la bataille de Bapaume, en janvier 1871, le général Faidherbe livra une dernière bataille à Saint-Quentin qui se solda par un échec puis, battit en retraite à l'abri des places fortes de Cambrai et Lille, sans être vraiment inquiété par le général von Goeben. Paris ne put être secouru, cependant l'action de Faidherbe permit aux départements du Nord et du Pas-de-Calais de ne pas être envahis.

Dans l'Est

Articles détaillés : Armée de l'Est et Convention des Verrières.

À l’est, Bourbaki, après une victoire à Villersexel, échoua dans sa tentative de libérer Belfort assiégée : son offensive fut stoppée à Héricourt et Montbéliard. Il fut remplacé le 26 janvier, à la suite d'une tentative de suicide, par le commandant du 20e corps, le général Clinchant, qui, encerclé par les Allemands, n’eut d’autres ressources que de négocier avec le général suisse Hans Herzog l'entrée des soldats français désarmés en Suisse, le , ce qui provoqua la disparition de l’armée de l’Est.

Néanmoins, de durs combats eurent lieu au défilé de la Cluse (au sud de Pontarlier) où des troupes françaises se firent massacrer courageusement pour sauver le gros de l’armée. D’autres généraux dont Camille Crémer et Pallu de la Barrière ainsi que l'amiral Penhoat réussirent à passer le massif du Jura enneigé avec plusieurs milliers d’hommes et à rejoindre Lyon par Gex. Les forts de Joux et du Larmont ne se rendirent que le 10 février après avoir occasionné de lourdes pertes aux Allemands.

Les ratés de la Défense nationale

L'organisation de la Défense nationale connut des ratés. Gambetta, en tant que ministre de la Guerre, décida de créer onze camps régionaux (Les Alpines, Bordeaux, Cherbourg, Clermont-Ferrand, Conlie, Montpellier, Nevers, La Rochelle, Saint-Ouen, Sathonay et Toulouse) où les nouvelles recrues reçurent une formation avant de combattre. Le général de Kératry avait constitué une armée de Bretagne forte de 60 000 volontaires bretons qui furent rassemblés au camp de Conlie à 24 km du Mans. En raison de leur nombre, les hommes étaient répartis au hasard des routes voisines du camp. Ils attendirent en vain des carabines américaines qui étaient bloquées, faute d'en avoir payé les droits de douane, à Brest.

Gambetta, craignant une renaissance de la chouannerie royaliste, regarda avec méfiance cette armée. Son hébergement, son ravitaillement et son équipement furent négligés. Elle fut décimée par la dysenterie. Une partie de ces volontaires bretons fut incorporée à la IIe armée de la Loire et participa à la bataille du Mans, dernière défaite avant l'Armistice[8].

Le 8 décembre 1870, la Délégation du Gouvernement de la Défense nationale de Tours fut transférée à Bordeaux.

L'impossible guerre navale

À la déclaration de guerre, un blocus de l'Allemagne par ses côtes maritimes fut décidé à Paris. La flotte prussienne ne pouvait s'y opposer, mais la marine française n'était pas opérationnelle (manque de charbon, de réservistes qui devaient servir sur les 470 navires français difficiles à mobiliser). Le blocus de Wilhelmshaven s’avéra ainsi inefficace. À partir de septembre 1870, la mer devenant trop impraticable, la flotte française regagna les ports de la Manche et n'en sortit plus.

Un débarquement sur la côte de la Baltique fut envisagé, cette diversion avait pour but de soulager la pression sur l'Alsace et la Lorraine, mais aussi, d'amener le Danemark à déclarer la guerre à la Prusse. Mais l'idée s’avéra impossible à mettre en œuvre ; les défenses côtières allemandes (canons Krupp à longue portée), et la géographie de la mer des Wadden n'avaient pas été correctement évaluées.

Les troupes de Marine furent redéployées au camp de Châlons et participèrent à la bataille de Sedan. Une grande partie de l'armée étant prisonnière à Metz, la Marine fournit les officiers et sous-officiers qui encadrèrent les Gardes mobiles et les forts de Paris.

Le Bouvet éperonne le Météor.

Les seuls combats navals se résumèrent au combat entre le Bouvet et le Meteor devant La Havane en novembre 1870, au blocus du Herta par le Dupleix en rade de Nagasaki, au forçage du blocus de Wilhelmshaven par la corvette Augusta, à la capture de trois navires marchands au large de Brest, de Rochefort et à l'embouchure de la Gironde, et à une poursuite menée par la frégate L'Héroïne qui s'achèvera par le refuge d'un navire allemand dans le port espagnol de Vigo.

Une victoire sans appel de l'Allemagne

Saint-Quentin occupée. Les Prussiens sur la Grand'Place en 1871.

Ce qui restait des armées françaises tenta de résister et parvint à faire reculer l'ennemi, notamment sur la Loire et dans le Nord, mais, très affaiblies, elles durent battre en retraite sur tous les fronts en janvier 1871. L'armée de la Loire, commandée par Chanzy, fut vaincue au Mans, l'armée de l'Est, commandée par Bourbaki, fut stoppée à la bataille d'Héricourt et ne put rejoindre Belfort, l'armée du Nord, commandée par Faidherbe, fut vaincue à Saint-Quentin et les Parisiens le furent à Buzenval. Seules Belfort et Bitche, assiégées, tenaient bon.

La fin des combats

Le 20 janvier 1871, le gouvernement de la Défense nationale se résolut à demander l'armistice, dont il avait une première fois repoussé les conditions en septembre lors de l'entrevue de Ferrières.

Le manque de vivres, le bombardement quotidien et la succession des échecs militaires provoquèrent une agitation croissante de la population parisienne qui fit craindre au gouvernement provisoire une prochaine révolte. Il décida donc de cesser le combat au plus vite.

Le 22 janvier, des Parisiens excédés par la faim et les bombardements réclamèrent l'élection d'une commune, une fusillade éclata entre manifestants et gardes nationaux faisant cinq morts et une vingtaine de blessés.

Pressé d'en finir, le gouvernement adressa secrètement, le lendemain, une demande de négociation à Bismarck. Le 26 janvier un armistice était signé et aussitôt appliqué. Le furent signées les conventions militaires[8].

Signé le l'armistice ne concernait pas les opérations militaires dans l'Est de la France car les négociations sur le futur tracé de la frontière franco-allemande n'avait pas encore abouti. L'armistice général intervint le 15 février 1871. L'ordre fut alors donné à la place fortifiée de Belfort de se rendre, ce qu'elle fit, le 18 février, l'ennemi lui rendant les honneurs de la guerre.

Principales batailles

Dépêche annonçant l'armistice - À Bordeaux, le 29 janvier 1871 et pour copie conforme le sous-préfet à Largentière.