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Rome
Blason de Rome
Héraldique
Drapeau de Rome
Drapeau
Rome
De gauche à droite : le Colisée, le Monument à Victor-Emmanuel II, la Place de la République, le château Saint-Ange, la fontaine de Trévi, la basilique Saint-Pierre et une vue aérienne de la ville.
Noms
Nom italien Roma
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Drapeau de la région du Latium Latium 
Ville métropolitaine Rome Capitale 
Maire Virginia Raggi
2016-2021
Code postal 00100 (générique), de 00121 à 00199
Code ISTAT 058091
Code cadastral H501
Préfixe tel. 06
Démographie
Gentilé Romain
Population 2 877 215 hab. (31/12/2016)
Densité 2 239 hab./km2
Géographie
Coordonnées 41° 53′ 19″ nord, 12° 29′ 12″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 140 m
Superficie 128 531 ha = 1 285,31 km2
Divers
Saint patron Saint Pierre et Saint Paul
Fête patronale 29 juin
Localisation

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Rome
Liens
Site web http://www.comune.roma.it
Vue nocturne sur le pont Saint-Ange et la basilique Saint-Pierre.
Rome vue de la colline du Janicule.
Rome vue de Saint-Pierre.

Rome [ʁɔm][1] Écouter (en italien : Roma [ˈroːma][2] Écouter) est la capitale de l'Italie depuis 1871. Située au centre-ouest de la péninsule Italienne, près de la mer Tyrrhénienne, elle est également la capitale de la région du Latium, et fut celle de l'Empire romain durant 357 ans. En 2016, elle compte 2 877 215 habitants établis sur 1 285 km2, ce qui fait d'elle la commune la plus peuplée d'Italie et la troisième plus étendue d'Europe après Moscou et Londres[3]. Son aire urbaine recense 4 356 403 habitants en 2016[4],[5]. Elle présente en outre la particularité de contenir un État enclavé dans son territoire : la cité-État du Vatican (Stato della Città del Vaticano), dont le pape est le souverain. C'est le seul exemple existant d'un État à l'intérieur d'une ville.

L'histoire de Rome s'étend sur plus de vingt-huit siècles, depuis sa fondation mythique par Romulus en 753 av. J.-C. jusqu'à son rôle actuel de capitale de la république italienne. Second berceau de la civilisation occidentale après Athènes, la ville fut successivement le centre de la monarchie romaine, de la république romaine (509 av. J.-C.27 av. J.-C.), puis de l'Empire romain (27 av. J.-C.330). Durant cette période, où nait la célèbre expression proverbiale « tous les chemins mènent à Rome », la ville aurait compté entre un et deux millions d'habitants et domine l'Europe, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient tant militairement que culturellement, diffusant dans ces territoires la langue latine, ses arts et techniques ainsi que la religion chrétienne. Depuis le Ier siècle elle abrite le siège de l'Église catholique romaine, au sein des États pontificaux (752-1870) puis de la Cité du Vatican.

Considérablement agrandie par de grands travaux sous Jules César et surtout sous Auguste, la ville est partiellement détruite lors du Grand incendie de Rome - le Circus Maximus notamment. À partir du XVe siècle, presque tous les papes depuis Nicolas V (1447-1455) perpétuent la tradition de l'architecture romaine et ambitionnent de faire de Rome le principal centre culturel et artistique de l'Occident. La ville devient l'un des foyers de la Renaissance italienne, avec Florence et Venise, et donne naissance au style baroque - dont témoigne encore son centre historique, classé par l'UNESCO comme site du patrimoine mondial[6]. Des artistes comme Michel-Ange, Raphaël ou Le Bernin s'y installent et produisent des œuvres telles que la basilique Saint-Pierre, la chapelle Sixtine, la fontaine de Trevi, le Capitole ou les Chambres de Raphaël. Au XIXe siècle, Rome est le symbole de l'unité italienne et devient la capitale du Royaume d'Italie, puis de la République après la Seconde Guerre mondiale.

Ville globale, Rome est la troisième destination touristique la plus visitée d'Europe derrière Londres et Paris[7]. La Ville Éternelle est l'une des plus belles villes du monde, et fréquentée par les touristes depuis le XVIIIe siècle. Le siège de la papauté et le pèlerinage de Rome en font un lieu éminent pour les chrétiens du monde entier depuis des siècles. Les musées du Vatican et le Colisée sont parmi les sites les plus fréquentés. Rome est aussi l'un des plus grands sites archéologiques du monde, et compte également de nombreux ponts et fontaines, 900 églises, ainsi qu'un grand nombre de musées et d'universités. Outre le tourisme, l'économie de la « Ville Éternelle » est également orientée vers les nouvelles technologies, les médias et les télécommunications depuis les années 2000. Bâtie sur sept collines, la ville se situe près de l'embouchure du Tibre et est divisée en vingt-deux rioni. Rome a aussi organisé les Jeux olympiques d'été en 1960. Rome n'est jumelée qu'avec une seule autre ville, Paris, ce qui est vrai dans l'autre sens, avec ce slogan : « Seul Paris est digne de Rome, seule Rome est digne de Paris ».

Géographie

Site

Article connexe : Centre historique de Rome.

Localisation

Carte interactive de Rome.

Au centre de la péninsule italienne, Rome sépare l'Italie du Nord de l'Italie du Sud. La ville est située dans la région du Latium, à la confluence de l'Aniene et du Tibre. Le centre-ville est situé à environ 25 kilomètres de la côte de la mer Tyrrhénienne, mais l'agglomération romaine s'étend jusqu'à celle-ci par le biais du Municipio XIII formant l'actuel quartier d'Ostie, appelée aussi Lido di Roma (Lido signifie « littoral » en Italien). C'est pourquoi Rome est une des rares capitales européennes à se prévaloir d'un littoral, et d'environ 20 km de plages. À proximité de la ville, on trouve à 30 km au nord-est le lac de Bracciano, et au sud-est à environ 20 km du centre les Castelli Romani, au milieu des collines des Monts Albains.

Superficie

La ville est la plus étendue d'Italie, et l'une des plus vastes d'Europe, avec 1 285 km2 (soit douze fois la superficie de Paris intra muros). La petite surface du centre ville, qui ne représente que 5 % de la commune, donne une impression complètement erronée de sa superficie réelle. En effet la Commune de Rome est la 3e capitale la plus étendue d'Europe (après Moscou et Londres), et s'étend jusqu'au littoral de la mer Tyrrhénienne, 24 km plus loin. Elle comprend de nombreuses zones agricoles et des zones non construites, des parcs et des réserves naturelles, qui occupent les 2/3 de la surface de la cité. La partie urbanisée ne représente donc qu'un tiers de la ville, en conséquence, la densité de population n'est pas très élevée (2 300 habitants par km2, à comparer aux 21 000 de Paris ou aux 5 600 de Londres).

Topographie et relief

L'altitude varie, d'un niveau proche de l'altitude 0 sur les bords du Tibre, en passant par 13 m au-dessus du niveau de la mer (sur la Piazza del Popolo, point le plus bas hors des berges) à 140 m (Monte Mario). Le territoire de la ville présente des paysages naturels variés: des reliefs, avec des monts et des collines (y compris les Sept Collines historiques), des plaines, des zones de campagne (Agro Romano, avec des champs cultivés, des prés, des fermes, des allées de pins parasols), des « marranes » (fossés ou tranchées avec de petits ruisseaux), le fleuve Tibre et ses affluents, dont la rivière Aniene, une île fluviale (île Tibérine), et des zones côtières avec des forêts de pins, des dunes et des plages, sur la côte de la mer Tyrrhénienne longeant le Lido di Ostia.

Le centre historique de Rome est dominé par les sept collines : Aventin, Caelius, Capitole, Esquilin, Palatin, Quirinal et Viminal, se situant toutes sur la rive gauche du Tibre qui traverse la ville en direction du Sud et au milieu duquel se trouve l'île Tibérine. Le centre ville comprend également les collines du Janicule, du Pincio et du Vatican, ainsi que le relief artificiel du Mont Testaccio. Hors des murs se trouvent d'autres collines, plus élevées, comme le Monte Mario (140 m), le Mont Parioli ou le Mont Antenne. La ville antique était entourée par des murailles dont le mur d'Aurélien, une enceinte construite par l'empereur Aurélien en 270 pour protéger les quartiers qui s'étaient développés en dehors du mur servien. Cette partie de Rome couvre environ 4 % de la superficie de la municipalité actuelle qui s'étend bien au-delà de l'espace proprement urbain.

Le vieux centre demeure une des cités historiques les plus grandes du monde, il est divisé en 22 Rioni et comprend environ 300 hôtels, plus de 2 000 palais, 300 églises, 200 fontaines monumentales, plusieurs sites archéologiques, huit parcs, les principaux monuments de la ville, les institutions gouvernementales et des milliers de magasins, bureaux, bars et restaurants.

Le reste de la ville est divisé en quartiers urbains qui contiennent la majorité des immeubles modernes. Le tout est entouré par le Grande Raccordo Anulare (G.R.A), l'autoroute périphérique romaine (68 km, près du double du périphérique parisien). Au-delà se développent de nouveaux quartiers regroupant les secteurs tertiaires, et les nouveaux quartiers résidentiels débordant largement le périphérique (Torrenova, Acilia), et eux-mêmes ceinturés par le périphérique de l'autoroute A1 Milan-Naples.

Climat

Rome bénéficie d'un climat méditerranéen caractéristique des côtes méditerranéennes de l'Italie. Les hivers sont doux, même si un coup de froid en provenance des Apennins ne peut être exclu. La neige est cependant plutôt rare. Les étés sont chauds et secs, mais influencés par la proximité de la mer. Un record absolu de chaleur a été mesuré le atteignant 40,1 °C au centre de Rome. Les précipitations atteignent leur maximum lors des pluies orageuses d'automne. La plus haute température à Rome fut de 40,6 °C le et la plus basse fut de −11,0 °C le à Ciampino. La commune est si vaste et son relief si varié qu'il peut y avoir des variations climatiques importantes, par exemple entre les quartiers nord et ceux du sud, ou entre le centre ville et le littoral.

Relevé météorologique de Rome Aéroport Ciampino (période : 1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3 3,2 5,4 8,2 12,3 16,1 18,9 19 15,6 12,1 7,6 4,5 10,5
Température moyenne (°C) 7,3 7,9 10,4 13,2 17,8 21,8 24,9 25 21,1 17 11,9 8,5 15,5
Température maximale moyenne (°C) 11,6 12,6 15,3 18,2 23,2 27,5 30,9 30,9 26,6 21,9 16,2 12,4 20,6
Record de froid (°C) −11 −6,9 −6,5 −2,4 1,8 5,6 9,1 9,3 4,3 0,8 −5,2 −6,6 −11
Record de chaleur (°C) 20,8 23 26,6 30 34,2 37,8 39,6 40,6 40 38,2 25,4 21,2 40,6
Ensoleillement (h) 120,9 132,8 167,4 201 263,5 285 331,7 297,6 237 195,3 129 111,6 2 472,8
Précipitations (mm) 69,1 70,5 56,9 78,5 58,6 31 22,1 29,4 66,9 98,1 112,6 99,1 792,8
Source : Servizio Meteorologico[8] Ensoleillement[9]


Environnement

Écosystème

Situé à la frontière entre le sud méditerranéen et une zone plus froide liée à la présence des Apennins et des volcans, l'écosystème de Rome se divise en trois zones : humide autour du Tibre et de l'Aniene, plus sec vers la partie Est, et plus méditerranéen sur la partie proche de la côte. La faune et la flore se répartissent selon ce découpage.

Flore

Avec sa diversité de paysages et son étendue, Rome offre une grande variété d'habitats pour les plantes. Une analyse de la flore réalisée en 1995 a permis de dénombrer plus de 1 300 espèces de plantes : ce nombre, important pour une ville de cette taille, s'explique grâce à la douceur du climat et à l'ensoleillement. Parmi les espèces les plus typiques, les pins, pins parasols, cyprès, palmiers, lauriers roses, magnolias, eucalyptus, cèdres, chênes verts, sont présents dans les parcs, les allées, les zones archéologiques, le long des routes, sur les places. La visibilité de cette verdure méditerranéenne et exotique crée une impression de ville verte.

Faune

La faune également bénéficie de ces conditions écologiques particulières. On dénombre à Rome 145 espèces de vertébrés. Les chats, vivant en liberté, notamment dans les zones archéologiques, seraient près de 300 000, et sont depuis 2001 protégés à titre de « patrimoine bioculturel ». La présence d'oiseaux comme les cormorans et les mouettes en plein centre ville prouvent la qualité biologique des eaux des fleuves, où vivent suffisamment de poissons et en assez grande variété pour les nourrir.

Parcs et espaces verts

Rome est l'une des capitales les plus vertes d'Europe. Elle possède un grand nombre de parcs qui appartenaient auparavant à l'aristocratie locale. Les jardins sont souvent nommés « villas » car ils se trouvent sur d'anciennes propriétés patriciennes. Rome est également une des seules grandes villes à avoir autant d'espaces agricoles et de campagne en son sein, l'Agro Romano. Au total près de 86 000 ha d'espaces verts couvrent les 2/3 de la ville.

Parmi les grands parcs du centre ville, se trouvent :

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La protection des zones naturelles est un phénomène assez récent à Rome, puisque c'est en 1987 qu'a été créée la première réserve naturelle (parc urbain du Pineto) et l'année suivante le parc naturel Appia Antica (1988). Le maintien d'espaces naturels grâce aux vestiges archéologiques est particulier à Rome, et permet à la nature d'arriver au centre de la ville. C'est ainsi que l'on trouve toujours des champs cultivés, des prés, de vieilles fermes, des allées de pins parasols, des pinèdes, vallons ou des zones humides. L'organisme de protection de la nature Romanatura, créé en 1997, a permis d'amplifier le nombre de zones protégées (actuellement de 14), parmi lesquelles :

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Hameaux

Vue de Rome depuis le Janicule.

Ostie, Ostia Antica, Acilia Nord, Acilia Sud, Vitinia (it), Infernetto, Trigoria (it), Piana del Sole (it), Casal Palocco, Castel di Leva, Villaggio Prenestino (it), Castelverde (Roma) (it), Corcolle (it), La Storta-Olgiata (it), Massimina (it), Monte dell'Ara-Valle Santa (it).

Communes limitrophes

Albano Laziale, Anguillara Sabazia, Ardea, Campagnano di Roma, Castel Gandolfo, Castel San Pietro Romano, Ciampino, Colonna, Fiumicino, Fonte Nuova, Formello, Frascati, Gallicano nel Lazio, Grottaferrata, Guidonia Montecelio, Marino, Mentana, Monte Porzio Catone, Monte Compatri, Monterotondo, Palestrina, Poli, Pomezia, Riano, Sacrofano, San Gregorio da Sassola, Tivoli, Trevignano Romano, Zagarolo, lanuvio.

Étymologie et symboles

La ville de Rome sous Constantin.

Le nom de la ville est dû à la légende des jumeaux Romulus et Rémus, où le premier tua le second, obtenant ainsi le droit de donner son nom à la ville qu'il construisait. Une autre hypothèse suggère que le nom de Rome viendrait du mot Rumon, nom étrusque du Tibre, qui serait ainsi devenue « La ville du fleuve »[10],[11]. La date historique de la fondation de la ville est le 21 avril de l'an 753 av. J.-C. (date qui a été retenue comme celle débutant le calendrier romain).

Surnoms de Rome

Emblème de la ville de Rome, avec la devise antique « SPQR ».
  • L'Urbs (« La Ville ») ;
  • Limen Apostolorum (« au seuil des apôtres »).
Drapeau de Rome.
La Louve, symbole de Rome.

Symboles

Les symboles de Rome sont :

  • la louve capitoline, inspirée par la légende de la fondation de Rome ;
  • SPQR (le Sénat et le peuple romain) : la devise antique, qui est toujours celle de la ville de Rome : elle fait partie du blason de la ville, et figure toujours sur les édifices publics, bâtiments et bouches d'égouts.

Les couleurs de Rome sont le rouge et le jaune (la pourpre et l'or).

Histoire

Origine légendaire

Article détaillé : Romulus et Rémus.

Selon la légende, Rome aurait été fondée le 21 avril 753 av. J.-C. par Romulus (sur le mont Palatin), qui aurait tué son frère jumeau Rémus lors de la création de la ville. Ces deux frères sont les descendants du dieu Mars et de Rhéa Silvia, fille de Numitor. La généalogie légendaire de Romulus permet de donner une origine divine à Rome : la Ville aurait été créée, car les dieux le voulaient ainsi. Les Romains affectionnent de lier l'histoire de Rome à celle de la mythique ville de Troie et de sa chute chantée par l'Iliade, peut-être trouve-t-on là l'intention de la fable, rapportée par Plutarque, sur une origine de la ville fait de naufragés troyens et troyennes reprenant la trame narrative des Nauprestides[13].

D'après l'archéologie

D'après les sources archéologiques, les premiers occupants du site au VIIIe siècle av. J.-C. étaient des bergers vivant dans des cabanes installées sur le Mont Palatin, une colline qui domine le Tibre.

À la même époque, la péninsule italienne est occupée par plusieurs peuples : les Grecs au Sud, les Carthaginois en Sardaigne et en Corse, les Étrusques au Nord.

Ce sont ces derniers qui, au VIIe siècle av. J.-C. réunissent les villages dans la plaine du Latium et créent une cité qui est protégée par les sept collines environnantes et par ses remparts.

Démographie

Histoire

Article détaillé : Histoire de Rome.

Rome est l'une des rares capitales du monde à avoir été constamment habitée depuis près de trois millénaires. Les spécialistes considèrent que Rome était, à l'époque impériale (c'est-à-dire pendant la période comprise entre les débuts de l'époque chrétienne et le VIe siècle), la plus grande ville du monde, comptant entre un et deux millions d'habitants[14]. Pour l'époque augustéenne, le chiffre pouvant être retenu se situe entre 800 000 et un million d'habitants. Ce chiffre atteint 1 200 000 habitants en 260 apr. J.-C., 450 000 au Ve siècle et moins de 30 000 au VIIIe siècle, ce déclin démographique entraînant une rétraction du tissu urbain vers l'anse du Tibre et le champ de Mars.

La population de Rome a recommencé à croître fortement à partir de 1870 et sa désignation comme capitale de l'Italie. Le million d'habitants est franchi dans les années 1930, les 2 millions en 1960 et presque 2,8 millions en 1980.

Situation actuelle

Aujourd'hui, la ville compte environ 2,8 millions d'habitants, et son aire urbaine à peu près 4 millions sur 5 352 km2. C'est la troisième agglomération d'Italie après Milan et Naples, mais la commune en elle-même est la plus peuplée du pays, et la quatrième de l'Union Européenne (après Londres, Berlin et Madrid).

Des différences sociologiques existent selon les quartiers. Le nord (Tor di Quinto), le centre et le sud de la ville (EUR) sont aisés, tandis que la majeure partie des quartiers est (dont San Basilio et Alessandrino) sont populaires, tout comme Primavalle à l'ouest[15].

Durant sa longue histoire, et étant donnée son importance, Rome a toujours eu une population caractérisée par d'importants flux migratoires ; ainsi, par tradition, un « vrai » Romain est une personne dont la famille a vécu à Rome depuis au moins sept générations. Aujourd'hui on considère qu'un individu né à Rome de parents nés à Rome est un « Romain de Rome », selon l'expression consacrée.

Présence étrangère

Pays de naissance Population (2015)
Drapeau de la Roumanie Roumanie 88 404
Drapeau des Philippines Philippines 40 463
Drapeau du Bangladesh Bangladesh 28 493
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 16 099
Drapeau du Pérou Pérou 14 291
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 13 702
Drapeau de la Pologne Pologne 12 696
Drapeau de l'Égypte Égypte 10 328
Drapeau de l'Inde Inde 9 075
Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka 8 837

Selon le report de la Caritas[16], les résidents de la commune de nationalité étrangère représentent en 2009 10 % de la population totale, estimée en 2015 à 350 000 personnes. La communauté roumaine est la plus nombreuse avec pas moins de 100 000 résidents. Près de la moitié de la population immigrée est d'ailleurs d'origine européenne (Roumains, Polonais, Albanais, Ukrainiens), ce qui représente en 2015 plus de 150 000 personnes. L'autre moitié, d'origine non européenne, est représentée notamment par des Philippins, Bengalis et Chinois.

Religion

Rome catholique

La basilique Saint-Pierre.

La religion chrétienne s'est rapidement implantée dans la capitale de l'Empire grâce à la présence de la communauté juive. Le christianisme est devenu une religion légale en 313 (Édit de Milan), avant de devenir la religion officielle de l'Empire en 380 (Édit de Thessalonique).

L'importance de la communauté chrétienne dans la cité et la tradition selon laquelle Saint Pierre et Saint Paul y furent martyrisés, fait de Rome la capitale des chrétiens et surtout de l'Église catholique.

La Rome impériale laisse la place à la Roma christiana (Rome chrétienne) qui se matérialise dans des édifices paléochrétiens qui remplacent les domus ecclesiae et se multiplient d'abord en périphérie de la ville (monastères, églises, basiliques funéraires telles la basilique Saint-Pierre, Saint-Paul-hors-les-Murs et Saint-Jean-de-Latran) puis à partir du VIe siècle dans le cœur ancien[17].

L'évêque de Rome, successeur de l'apôtre Pierre, est très tôt considéré comme le pape de toute la chrétienté. De 753 à 1870, Rome est la capitale des États pontificaux qui s'étendent de la mer Tyrrhénienne à la mer Adriatique. La fondation du Royaume d'Italie sous l'égide de la Maison de Savoie met fin à leur existence. Le pape Pie IX se réfugie au palais du Vatican se considérant prisonnier de fait, c'est le début de la controverse appelée question romaine.

Ce n'est qu'en 1929 qu'un accord est trouvé sur la représentation temporelle du Saint-Siège par les Accords du Latran créant la Cité du Vatican, un état enclavé qui inclut la basilique Saint-Pierre, ainsi que d'autres bâtiments romains bénéficiant de ce fait du statut d'extraterritorialité. Cette cité constitue l'état souverain le plus petit du monde.

Rome compte plusieurs centaines d'églises et de lieux de culte dont les principales d'entre elles font l'objet du pèlerinage de Rome qui est, avec ceux de la Terre sainte (Jérusalem en particulier) et de Compostelle, l'un des trois principaux pèlerinages chrétiens. On arrive dans la « ville sainte » par la via Francigena ; le pèlerinage inclut généralement les quatre « basiliques majeures » que sont : Saint-Pierre (qui contient le tombeau de Saint-Pierre), Saint-Paul-hors-les-murs (où se trouve le tombeau de Saint Paul), Saint-Jean-de-Latran (cathédrale de Rome et du monde) et Sainte-Marie-Majeure (contenant une relique de la Crèche). Ces quatre basiliques majeures étant souvent associées à trois « basiliques mineures », constituant ainsi le « Tour des sept églises » : la Basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem (qui garde les reliques de la Passion), la basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs et la Basilique Saint-Sébastien-hors-les-Murs, sur la voie Appienne, au-dessus des catacombes.

Rome est aussi le siège de l'ordre de Malte, organisation catholique souveraine à vocation humanitaire, souveraineté cependant toute relative, car sans territoire.

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Autres religions

La ville étant très cosmopolite, d'autres cultes chrétiens, protestantisme, orthodoxie… y sont représentés. La construction du Temple mormon de Rome (couramment nommé Temple de Rome) a été annoncée le par Thomas S. Monson, président de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours au cours d'une Conférence générale de l'Église. Le temple desservira les membres de l'Église de Grèce, Chypre, Albanie, Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine et de Macédoine, ainsi que les 22 000 membres de l'Église en Italie.

Le judaïsme fut longtemps confiné au Ghetto de Rome sous les papes. La communauté juive de Rome est la plus ancienne d'Europe, et l'une des plus anciennes du monde. Forte d'environ 20 000 membres, elle possède son propre dialecte. La Grande synagogue de Rome est le lieu de culte juif le plus important de la ville.

Ces dernières années, la communauté islamique a grandi en importance, en majeure partie du fait de l'immigration depuis l'Afrique du Nord et les pays du Moyen-Orient. C'est ainsi que la mosquée de Rome, inaugurée le , œuvre de l'architecte Paolo Portoghesi, est la plus grande d'Europe.

Politique et administration

Institutions nationales

Si Milan est la capitale économique italienne, Rome en est la capitale administrative et, à ce titre, le siège des principales institutions du pays que sont la présidence de la République au Palais du Quirinal, le Parlement au Palais Montecitorio, le Sénat au Palais Madama et l'ensemble des ministères.

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Institutions internationales

Le siège du Fonds Alimentaire Mondial, palazzo FAO à Rome.

Rome est le siège du FAO (Fonds Alimentaire Mondial), institution des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation. Il est hébergé au palazzo FAO depuis 1952. Rome abrite également le Collège de Défense de l'OTAN.

Ville métropolitaine et subdivisions administratives

Les 15 Municipi depuis 2013.

Capitale de la province homonyme à partir de 1870, Rome est depuis 2015, celle de la ville métropolitaine de Rome Capitale, qui regroupe 121 communes. Depuis 2013, le territoire de la ville est divisé en quinze communes (en italien, municipi), qui sont pour Rome l'équivalent des arrondissements parisiens. Il y en avait 19 auparavant.

Administration municipale

Article détaillé : Liste des maires de Rome.

La ville de Rome constitue une structure administrative spéciale appelée Rome Capitale, créée en 2010. Elle est dirigée par la junte capitoline, composée du maire et de douze assesseurs, et par l'Assemblée capitoline, composée de quarante-huit conseillers. Les élections municipales se tiennent tous les cinq ans, les dernières ont eu lieu en juin 2016. Depuis le 22 juin 2016, la maire est Virginia Raggi, du Mouvement 5 étoiles.

Finances

Début 2014, la ville est confrontée à une crise budgétaire sans précédent qui la mène en situation de quasi-faillite. L'endettement cumulé est de 1,2 milliard d'euros. Le maire Ignazio Marino dénonce la gestion de la ville de ses prédécesseurs. Le personnel municipal compte environ 62 000 agents (fonctionnaires, policiers municipaux, employés des sociétés des transports et de nettoyage), cependant, aux dires de nombreux résidents, les services municipaux fonctionnent mal, les transports publics sont insuffisants, la gestion des déchets et de la voirie est défaillante[18],[19].

Patrimoine

L'intérieur du Panthéon.

En raison de son histoire très ancienne, Rome est une ville très riche en monuments, musées et points de vue : elle est la ville du monde avec le plus de monuments.

Dès le XVIIe siècle, lors de l'inauguration du Grand Tour par les Anglais, elle est une des destinations préférées de jeunes nobles européens venus parfaire leur éducation au contact des beautés antiques. Dans la deuxième moitié du siècle des Lumières[20], cet afflux d'étrangers culmine, et s'enrichit de nombreux hommes de sciences désireux d'enquêter – dans un esprit encyclopédique – sur les savoirs rassemblés au fil des siècles dans les bibliothèques et les archives de la ville.

« À ce lieu se rattache toute l’histoire du monde, et je compte un second jour de naissance, une véritable renaissance, du jour où je suis arrivé à Rome. »

— Voyage en Italie, Johann Wolfgang von Goethe, le .

L'Antiquité

Ostia Antica.
Temple de Portunus.
Stade de Domitien.

Rome était la capitale de l'Empire romain. Elle a conservé de nombreux monuments antiques, dont le Colisée est l'un des plus célèbres. Dans cet amphithéâtre qui pouvait accueillir jusqu'à 60 000 personnes avaient lieu, entre autres, des combats de gladiateurs et d’animaux. Édifié entre 70 et 80, c'est l'œuvre des empereurs Vespasien et Titus. Autre exemple de monumentalité, le Circus Maximus, qui connut son apogée au IIIe siècle : il mesurait alors 600 mètres de long pour 200 mètres dans sa plus grande largeur, et près de 250 000 spectateurs pouvaient assister à ses courses de chevaux.

Le quartier du Forum romain et du Colisée, cœur de la ville antique, est dominé, entre autres, par l'arc de Constantin, érigé en 315 pour commémorer la victoire de l’Empereur Constantin sur Maxence, l'arc de Titus, l'arc de Septime Sévère. Les Forums impériaux, le Capitole et les musées capitolins, le Panthéon, les thermes de Dioclétien et de Caracalla et les onze Aqueducs de Rome, les catacombes sont autant d'autres monuments célèbres. Le Forum romain était, au temps de l'Antiquité, une grande place où les Romains se rassemblaient pour discuter d'affaires. C'était là que siégeait la Curie (Sénat). Cette place était le centre religieux et économique de l'Empire romain. En effet, il y avait de nombreux temples, dont le temple de Jupiter, le temple de Juno Moneta, où le trésor de Rome était conservé, le temple de Vesta, contenant le feu sacré, bref, l'ensemble des symboles de la culture romaine. Au Moyen Âge, les vestiges se sont enfouis sous la terre. Cependant certaines pierres furent réutilisées pour la construction de monuments et d'édifices. Aujourd'hui, le Forum est composé de ruines.

Monuments romains