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Confédération suisse

(de) Schweizerische Eidgenossenschaft

(it) Confederazione svizzera

(rm) Confederaziun svizra

Drapeau
Drapeau de la Suisse.
Blason
Armoiries de la Suisse.
Devise en latin : Unus pro omnibus, omnes pro uno[n 1] (« Un pour tous, tous pour un »)
Hymne Cantique suisse
Description de l'image Switzerland in Europe.svg.
Description de l'image Suisse cantons.svg.
Administration
Forme de l'État État fédéral avec régime parlementaire[1],[n 2] (dotée d'instruments de démocratie directe[2])
Conseil fédéral Ueli Maurer
Simonetta Sommaruga
Guy Parmelin
Ignazio Cassis
Alain Berset
Viola Amherd
Karin Keller-Sutter
Président de la Confédération Ueli Maurer
Vice-présidente Simonetta Sommaruga
Chancelier de la Confédération Walter Thurnherr
Langues officielles Allemand
Français
Italien
Romanche[n 3]
Capitale Berne (de facto)[n 4]

46° 57' N, 7° 25' E

Géographie
Plus grande ville Zurich
Superficie totale 41 285 km2
(classé 133e)
Superficie en eau 3,7 %
Fuseau horaire UTC +1 (été +2)
Histoire
Pacte fédéral début août 1291
Restauration
Guerre du Sonderbund
État fédéral
Démographie
Gentilé Suisse, Suissesse
Population totale (12.2017) 8 482 200[3] hab.
(classé 96e)
Densité 204 hab./km2
Économie
PIB nominal (2014) en augmentation 712,050 milliards de $
+ 3,82 % (20e)
PIB (PPA) (2014) en augmentation 472,830 milliards de $
+ 3,48 % (37e)
PIB nominal par hab. (2014) en augmentation 87 475,464 $
+ 2,53 % (4e)
PIB (PPA) par hab. (2014) en augmentation 58 087,211 $
+ 2,2 % (9e)
Taux de chômage (2019) Decrease Positive.svg 2,1 % de la pop. active
- 5,0 %
Dette publique brute (2014) Nominale :
Increase Negative.svg 300,419 milliards de $
+ 0,47 %
Relative :
Decrease Positive.svg 46,093 % du PIB
- 2 %
IDH (2016) en augmentation 0,930[4]  ; 2e)
Monnaie Franc suisse (CHF​)
Divers
Code ISO 3166-1 CHE, CH​
Domaine Internet .ch .swiss
Indicatif téléphonique +41
Organisations internationales ONU
FMI
Francophonie
OSCE
ESA
AELE
Conseil de l'Europe

La Suisse, en forme longue la Confédération suisse[5] (en allemand Schweiz Écouter et Schweizerische Eidgenossenschaft, en italien Svizzera et Confederazione Svizzera, en romanche Svizra et Confederaziun svizra) est un pays d'Europe centrale et, selon certaines définitions, de l'Ouest, formé de 26 cantons[6], avec Berne pour capitale de facto, parfois appelée « ville fédérale ». La Suisse est bordée par l'Italie au sud, la France à l'ouest, l'Allemagne au nord, et l'Autriche et le Liechtenstein à l'est. C'est un pays sans côte océanique, mais qui dispose d'un accès direct à la mer par le Rhin (Convention de Mannheim)[7]. La superficie de la Suisse est de 41 285 km2. Elle est géographiquement divisée entre les Alpes, le plateau suisse et le Jura. Les Alpes occupent la majeure partie du territoire (60 %)[8]. La population de la Suisse dépasse les 8 millions d'habitants et elle se concentre principalement sur le plateau, là où se trouvent les plus grandes villes. Parmi elles, Zurich, Genève et Bâle sont trois importants centres économiques et des villes mondiales où se trouvent des organisations internationales.

L'établissement de la Confédération suisse est traditionnellement daté au 1er août 1291, jour célébré chaque année en tant que Fête nationale. Le pays a une longue tradition de neutralité politique et militaire et n'a rejoint les Nations unies qu'en 2002. Il poursuit cependant une politique étrangère active et s'implique fréquemment dans des processus de construction de la paix autour du monde[9]. La Suisse est aussi le berceau du comité international de la Croix-Rouge ; elle abrite en outre de nombreuses organisations internationales, dont le deuxième plus grand siège de l'ONU après celui de New York : l'Office des Nations unies à Genève ainsi que le siège de la Banque des règlements internationaux à Bâle et du Comité International Olympique à Lausanne. Dans le domaine européen, elle est un des membres fondateurs de l'Association européenne de libre-échange, et membre de l'espace Schengen, mais pas de l'Union européenne ni de l'Espace économique européen. La Suisse comporte quatre régions culturelles et linguistiques[6] et possède donc quatre langues nationales : l'allemand, le français, l'italien et le romanche. Alors que les trois premières langues sont officielles, le romanche ne l'est que partiellement[10]. En conséquence, les Suisses forment une nation au sens civique du terme, n'ayant pas d'unicité forte sur un plan ethnique ou linguistique ; le sens fort de l'identité et de la communauté des Suisses est fondé sur un fond historique commun partageant des valeurs communes, telles que le fédéralisme, la démocratie directe[11] et le symbolisme alpin[12]. Ernest Renan la cite nommément comme exemple dans Qu'est-ce qu'une nation ?

La Suisse possède le deuxième PIB nominal le plus élevé au monde par habitant, ainsi que le neuvième PIB en parité de pouvoir d'achat selon le Crédit suisse et le FMI. Les Suisses ont la deuxième plus haute espérance de vie au monde sur la liste publiée par le DAES des Nations unies. La Suisse est classée comme l'un des dix pays les moins corrompus ; de plus, sur les cinq dernières années, le pays a été classé premier en termes de compétitivité économique et touristique, selon respectivement le Rapport sur la compétitivité mondiale et le Rapport sur la compétitivité du secteur des voyages et du tourisme, tous deux réalisés par le forum économique mondial. Zurich, Genève et Bâle ont été toutes trois classées parmi dix premières villes les plus agréables au monde pour leur qualité de vie selon un classement réalisé par Mercer en 2018[13],[14].

Géographie

Article détaillé : Géographie de la Suisse.
Carte topographique et hydrographique de la Suisse.

La Suisse est habituellement divisée en trois grandes zones géographiques. Du nord au sud, ainsi que par superficie croissante, sont inclus le Jura, le plateau suisse et les Alpes suisses. Le plateau constitue par sa densité de population la zone la plus importante en matière démographique et économique.

Relief

Mis à part les quelques plaines alluviales, du Rhin et du Rhône notamment, chaque région possède un relief plus ou moins marqué, des collines du plateau et du Jura (1 000 - 1 600 m) aux sommets des Alpes (2 000 - 4 600 m).

Bien que d'importance modeste du point de vue économique, la région alpine comporte les paysages les plus variés et les plus marquants de la Suisse. Leur étendue correspond en outre à près des deux tiers du pays (62,5 % du territoire), faisant de la Suisse le pays le plus montagneux d'Europe occidentale. Certains grands cantons se trouvent entièrement ou presque à l'intérieur du périmètre alpin, il s'agit du Valais, du Tessin et des Grisons. La Suisse possède en outre la concentration d'habitants vivant en zone montagneuse la plus élevée d'Europe avec plus de 80 % de la population[15].

La topographie, notamment la barrière que forment les Alpes, est aussi à l'origine d'une grande variété de climats.

Les Alpes constituent un environnement extrême. Le canton du Valais à lui seul contient la moitié des sommets de plus de 4 000 mètres de tout les alpes.
Le Rhin à Bâle comme point d'accès suisse à l'Europe.

Les chaînes de montagne principales (comprenant des sommets supérieurs à 4 000 m) sont quant à elles localisées dans les régions des cantons de Berne, du Valais (Alpes bernoises, Alpes valaisannes) et des Grisons (massif de la Bernina). Ce sont également les chaînes contenant la plupart des glaciers en Suisse, dont elle est recouverte à la hauteur de quelque 3 %. Enfin des sommets tels que le Cervin et l'Eiger ont gagné un statut emblématique de la chaîne alpine.

Hydrographie

La Suisse est située sur la ligne de partage des eaux de quatre bassins versants. Celui du Rhin couvre la plus grande partie du pays et celui du Rhône couvre le Valais, la partie sud du canton de Vaud et Genève. Cependant, des régions de Suisse appartiennent aussi aux bassins du Danube (la haute vallée de l'Inn dans les Grisons), du et de l'Adige en Italie (le canton du Tessin avec notamment la rivière Tessin mais aussi quelques petites vallées des Grisons, avec les rivières Poschiavino, Maira et Rom (val Müstair) ainsi que la vallée de Simplon en Valais avec la rivière Diveria).

Ainsi les eaux coulant en Suisse peuvent se diriger vers la mer du Nord, la mer Méditerranée occidentale, la mer Adriatique ou la mer Noire. Pour cette raison, il est parfois question de la région du Gothard comme du « château d'eau de l'Europe ».

Presque chaque région compte un nombre d'étendues d'eau assez important. Les plus grandes sont situées sur le plateau, ainsi qu'en bordure du territoire alpin. Les lacs de montagne proprement dits, sont d'étendues modestes mais particulièrement nombreux si les lacs de retenue destinés à la production d'hydroélectricité sont inclus.

Climat

Article détaillé : Climat de la Suisse.
Vue de Konkordiaplatz (glacier d'Aletsch). Les Alpes bernoises comprennent les plus vastes étendues glacées d'Eurasie occidentale[16].

Le climat de la Suisse est un climat tempéré de transition, influencé par le climat océanique d'Europe de l'Ouest, le climat continental humide d'Europe centrale, le climat méditerranéen et le climat montagnard. Les précipitations sont réparties tout au long de l'année, parfois sous forme de neige en hiver. Les quatre saisons sont bien marquées, avec une différence d'environ 20 °C entre la température moyenne du mois le plus chaud (juillet) et le mois le plus froid (janvier).

Les Alpes font effet de barrière climatique et provoquent des différences significatives de température et de quantité de pluie en fonction de la position géographique (microclimats). L'influence du climat méditerranéen est plus marquée au sud des Alpes, où les étés sont plus chauds et les hivers sont plus doux et plus secs par effet de foehn. L'influence du climat continental humide est plus marquée dans la partie est du pays avec des écarts de température plus importants et des pluies plus importantes en été.

La température moyenne diffère en fonction de l'altitude du lieu et de la période de l'année, du fait du relief accidenté, il peut exister plusieurs étages avec des climats et des milieux naturels différents sur les façades d'une montagne. Dans les basses terres telles que le plateau suisse (500 m) la température dépasse 30 °C durant les jours les plus chauds de l'été - de juin à septembre - et peut descendre en dessous de °C en hiver - de décembre à mars. La température moyenne diminue de 1 degré tous les 300 m. Au-dessus de 1 500 m d'altitude la saison d'hiver dure du mois de novembre au mois d'avril, et la neige subsiste durant toute la saison - condition favorable aux sports d'hiver. Au-dessus de 3 000 m la neige subsiste toute l'année et la température monte rarement au-dessus de 10 °C. L'ensoleillement, élevé dans tout le pays durant l'été, est faible dans les vallées et le plateau durant l'hiver à cause du phénomène de brouillard de vallée.

Par effet de foehn sur les Alpes, lorsque le vent chaud du sud souffle vers le nord, il provoque un temps pluvieux et doux sur la façade sud des Alpes, et un temps sec et chaud sur la façade nord. Quand, au contraire, le vent froid du nord souffle vers le sud, il provoque un temps pluvieux et froid sur la façade nord, et un temps ensoleillé et doux au sud. Située dans les Alpes internes, la région du Valais reçoit de l'air sec toute l'année.

La bise est un vent froid et sec venu du nord-est, fréquent en hiver. Elle provoque une chute de température, un ciel dégagé et une impression de froid accentuée par le souffle des rafales qui peuvent atteindre 100 km/h[17].

Changements climatiques

La Suisse, selon un rapport officiel de 2007[18], est un pays notamment exposé aux conséquences du changement climatique, en raison de l'importance de ses glaciers, lesquels reculent et vont encore reculer et peut-être disparaître d'ici 100 ans[19]. Le risque d'inondation, coulée de boue, glissement de terrain ou chute de pierre augmente. Des cartes de danger sont faites (fin 2007) pour 30 % du territoire. Le nombre de jours de canicule (température> 30 °C) a fortement augmenté[20], passant au Tessin d'une moyenne d'un à deux jours par an dans les années 1960 à presque 15 aujourd’hui. De même sur le plateau, avec une augmentation encore plus forte à Zurich et à Genève (quatre fois plus de jours de canicule depuis les années 1960). Les hivers se réchauffent aussi, avec moins de jours d’enneigement, surtout à moins de 1 500 mètres. Les chutes de neige sont plus tardives, y compris à haute altitude, ce qui peut avoir un impact sur le tourisme et les sports d'hiver (en 2005, 20 % environ des pistes ont dû recevoir un enneigement artificiel qui n'est pas sans conséquences sur la gestion de l'eau).

Au début des années 2000, la floraison des cerisiers était en moyenne plus précoce de 15 à 20 jours qu'en 1950. Les cours d'eau du Plateau suisse se réchauffent depuis les années 1960 et l'eau y dépasse 18 °C un nombre de jours croissant par an, avec en parallèle une régression des truites de rivière qui ont besoin d'eau froide et riche en oxygène.

Les émissions de gaz à effet de serre ont été stabilisées vers 1990, sans toutefois être diminuées. Le programme « SuisseÉnergie » incite aux mesures volontaires de l’industrie. Les émissions agricoles ont reculé, alors que les émissions du transport augmentaient, ainsi que celle de l'habitat, en lien avec la croissance (démographique et économique). La surface de référence énergétique des bâtiments certifiés (Minergie et Minergie-P) augmente depuis 1998 plus vite que dans la plupart des autres pays d'Europe, mais en 2006, ne concernait que 0,9 % de la surface de référence énergétique totale du pays.

D'après une enquête du journal Le Temps, la Suisse dépasse régulièrement les pics de pollution autorisés par l'ordonnance sur la protection de l'air, mais les autorités préfèrent ne pas donner l'alerte auprès de la population.[21]

Milieu naturel

La Suisse dispose de milieux naturels de qualité et abrite une biodiversité importante avec environ 50 000 espèces répertoriées (pour la faune, flore et fonge), mais dont 30 à 50 % des indigènes sont menacées (comme dans la plupart des pays européens), alors qu'une centaine d'espèces invasives posent problème.

Du fait du relief, la population (à 75 % urbaine) est très concentrée, mais l'urbanisation s'étale (périurbanisation). En 2000, chaque habitant consommait une surface habitable de 44 m2, soit 10 m2 de plus qu’en 1980, alors que le nombre de ménages s'était accru de 27 % dans le même temps. La fragmentation écopaysagère est importante et croissante[22] et une artificialisation des milieux. Le nombre de kilomètres parcourus sur la route a presque doublé en 34 ans (de 1970 à 2004), et les surfaces imperméabilisées et construites, routes et parkings ont augmenté de concert, d'environ 10 % de 1982 à 1995.

Environ un milliard de mètres cubes d’eau potable sont distribués annuellement par les robinets (soit l'équivalent en volume du lac de Bienne).

Les énergies renouvelables sont en progression, mais l'énergie finale consommée a été de +11,5 % entre 1990 et 2005, avec une forte hausse (+ 23 % de 1990 à 2005) de la consommation électrique. Les sols se dégradent ou sont construits (11 hectares de sol agricoles sont quotidiennement perdus et plus de 15 % des sols analysés de 1992 à 1996 dépassaient des valeurs-seuil ou indiquant une pollution pour un ou plusieurs métaux lourds. 61 % des sols arables sont sensibles à l'érosion, 17 % l'étant fortement). Des progrès sont constatés en matière de pollution de l'air (moins de pluies acides, de métaux, de poussières à l'extérieur), mais en 2000, plus de 40 % des habitants étaient chez eux exposée à des taux de poussières fines (PM10) dépassant les valeurs limites. L’ozone (O3) et les oxydes d’azote (NOX) posent également problème[23]. La pollution y est quand même inférieure à la plupart des pays d'Europe tels que la France ou l'Espagne.

En 2018 et 2019, l’ensemble des forets du nord-ouest de la Suisse sont atteintes par la mort en masse des hêtres du fait du réchauffement climatique[24].

Villes

Article détaillé : Villes de Suisse.
Zurich.

Zurich, ville la plus peuplée de Suisse avec 407 447 habitants ()[25], se trouve au nord-est à l'extrémité nord du lac de Zurich. C'est la capitale économique et la principale place bancaire du pays. L'École polytechnique fédérale de Zurich s'y trouve. La ville est desservie par le principal aéroport ainsi qu'un performant réseau de voies ferrées et quelques autoroutes. Avec 360 000 passagers quotidiens, la gare centrale de Zurich est très importante.

Genève.

Genève, deuxième ville du pays avec 202 527 habitants (septembre 2017)[26] et première ville suisse en densité de population, se trouve à l'extrême ouest du pays à la pointe du lac Léman. L'agglomération se développe également de l'autre côté de la frontière, en France. Genève est le siège de nombreuses organisations internationales, d'organisations non gouvernementales, de banques privées et d'entreprises horlogères.

Bâle.

Bâle, troisième ville avec 176 461 habitants (décembre 2017)[27], se trouve au nord-ouest du pays. L'agglomération se développe également de l'autre côté de la frontière, en France et en Allemagne. La ville est traversée par le Rhin et dispose de l'unique port fluvial du pays. Elle accueille de nombreuses industries pharmaceutiques, l'université plus ancienne du pays et le siège mondial de la Banque des règlements internationaux. La ville est aussi célèbre pour ses plusieurs musées, comme le Kunstmuseum Bâle (plus ancienne collection d'art publique au monde) ou la Fondation Beyeler à Riehen.

Lausanne, quatrième ville avec 144 790 habitants (décembre 2017)[28], se trouve à l'ouest du pays au bord du lac Léman. Elle est le siège du Tribunal fédéral, de l'École polytechnique fédérale de Lausanne et du Comité international olympique.

Berne, cinquième ville avec 142 479 habitants (décembre 2017)[29], se trouve au centre-ouest. C'est la ville fédérale, siège du gouvernement et des principales institutions fédérales.

La Suisse compte 2 212 communes au [30].

Toponymie

Dans ses différentes langues nationales, le pays est appelé respectivement Suisse en français, Schweiz en allemand, Svizzera en italien et Svizra en romanche. Depuis 1803, le nom officiel de l'entité politique suisse est Confédération suisse en français, Schweizerische Eidgenossenschaft en allemand, Confederazione Svizzera en italien et Confederaziun svizra en romanche[31]. Au XIXe siècle, le latin servait traditionnellement de langue commune pour les inscriptions officielles. Ainsi, la formule Confœderatio Helvetica se trouve inscrite notamment sur les pièces de monnaie suisses ainsi qu'au fronton du Palais fédéral à Berne. Le sigle CH en est la forme abrégée[32] pour les plaques minéralogiques[33],[34], les codes postaux et les extensions de noms de domaine sur Internet.

En français, l'expression Confédération helvétique est par conséquent incorrecte, mais reste néanmoins fréquente, notamment dans la littérature suisse[n 5]. L'adjectif helvétique se réfère normalement à l'Antiquité romaine (comme gaulois, germain…), à l'exception de la seule République helvétique (1798-1803). Il s'agit également d'un État fédéral (depuis 1848), le terme de Confédération a été conservé par pure tradition.

Origine

Depuis le milieu du XIVe siècle, le terme de confédération est employé pour qualifier les systèmes d’alliance qui se sont formés sur le territoire de la Suisse actuelle. Le mot français, comme ses équivalents dans les langues latines, est issu du latin foedus, « traité d'alliance », alors que l'allemand Eidgenossenschaft renvoie au « serment devant Dieu », Eid, prêté par des Genossen, « compagnons » de même rang. Le mode d’association ainsi désigné contraste avec la dissymétrie des liens de dépendance féodaux[35].

Le nom de Schweiz, d'où dérive le français Suisse, est utilisé dès le XVIe siècle par les Autrichiens, par déformation de celui du canton de Schwytz (Switz ou Sweitz en moyen haut-allemand) qui est alors, parmi les trois cantons d’origine, le plus proche géographiquement de Vienne, pour désigner l’ensemble de la communauté révoltée contre eux. Une confusion régna ensuite pendant plusieurs siècles sur l'orthographe utilisé par les deux toponymes (Schwytz et Schweiz). L'historien suisse Johannes von Müller proposa en 1785 de dissocier les deux formes[36]. Le terme de Schwytz, quant à lui, viendrait de celui apparu en 972 pour désigner la population de la région, les Suittes ; ce nom serait lui-même issu du vieux haut-allemand swedan signifiant « brûler » (cfr. islandais svíða, danois et suédois svide), rappelant ainsi la culture sur brûlis, technique par laquelle les habitants défrichaient les forêts avoisinantes afin de construire ou de cultiver les terrains[37].

La mention Confédération suisse apparaît pour la première fois en allemand dans un document datant de la guerre de Trente Ans (1618-1648)[réf. souhaitée]. Cependant l'expression ne devient courante qu'au XVIIIe siècle, où elle n'est encore ni officielle ni unique, puisque les appellations Corps helvétique, Magna Liga, Ligues et Helvetia sont également utilisées pour désigner le pays[31],[38].

Évolution

La proposition de Von Müller visant à utiliser l'appellation de Schweiz pour désigner la confédération fut officialisée en 1803, sinon dans l'Acte de Médiation lui-même[36], du moins par le titre de « Médiateur de la Confédération suisse » que prend Bonaparte à cette occasion. Elle est reprise à l'article 15 du pacte fédéral de 1815 : « les XXII Cantons se constituent en Confédération suisse », puis par les constitutions de 1848, 1874 et 1999[31]. Aujourd'hui, dans la liste des dénominations d'États publiée par les autorités du pays, c'est Confédération suisse qui est retenue, l'adjectif helvétique étant explicitement exclu[39].

Cependant, au cours d’une évolution historique complexe, inscrite depuis 1848 dans le texte de ses constitutions successives, les institutions de la Suisse se sont éloignées de la confédération d'États pour devenir celles d’un État fédéral. Le maintien en vigueur d'une appellation officielle inchangée, bien qu'elle ne leur corresponde plus (du moins dans les langues latines : en allemand Eidgenossenschaft ne désigne pas une forme politique particulière), exprime l'idée d'une continuité de l'histoire suisse, depuis les alliances médiévales jusqu'à l'État contemporain[31].

Polysémie

Confédération, avec ou sans majuscule, désigne trois concepts différents, qui correspondent chacun à un mot différent en allemand :

  • confédération, nom commun (allemand Staatenbund) : désigne un « État composé où chaque État-membre conserve son indépendance mais se soumet à un pouvoir central essentiellement constitué par un organisme de coordination dont les décisions doivent être prises à l'unanimité des États-membres »[40]. La Suisse était initialement une confédération, une alliance d'États souverains ligués pour se prêter mutuellement secours[41]. Au XIXe siècle, après l'échec de la République helvétique et face aux nombreux défauts du Pacte fédéral de 1815, des cantons considéraient que cette forme avait fait son temps. Ils ne voulaient cependant pas d'un État unitaire[42]. Ils ont décidé de former un État fédéral, ce qui a été concrétisé par la Constitution fédérale de 1848.
  • la Confédération, nom propre (allemand der Bund) : le terme désigne l'État fédéral par opposition aux cantons, les États fédérés. L'État fédéral comprend en particulier l'administration fédérale avec à sa tête le Conseil fédéral, mais aussi l'Assemblée fédérale et les différents tribunaux fédéraux. La Confédération dispose de certaines compétences prévues par la Constitution, comme la monnaie ou l'armée, tandis que les cantons disposent de toutes les compétences non-attribuées[43], comme la police, l'enseignement ou la santé.
  • la Confédération [suisse], nom propre (allemand die [Schweizerische] Eidgenossenschaft) : nom officiel de l'État suisse, du pays, autrement dit de l'ensemble des 26 cantons et du peuple suisse. Le mot allemand Eidgenossenschaft n'est pas l'équivalent linguistique de confédération. Il est composé de Eid, serment devant Dieu, et Genosse, mot qui désigne jusqu'au milieu du XIXe un compagnon, une personne partageant le même sort, les mêmes intérêts et étant du même rang social[44]. On peut le rendre par « Alliance entre égaux scellée par un serment ». Ce terme ne décrit donc pas un régime particulier.

Les pièces de monnaies suisses portent depuis 1850 la mention « Confœderatio Helvetica », en latin, pour désigner leur nationalité.

Codes internationaux

Différents codes internationaux, souvent constitués de 2 à 3 lettres dénomment la Suisse. Parmi les plus usités, on trouve :